éditions Agone

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Votre recherche de shakespeare in blog a donné 11 résultats.

vendredi 10 avril 2020

Shakespeare in blog (X) La nature du projet

Comme un traducteur qui s’est donné les moyens de prendre tout son temps (il faut bien dire que lorsqu’on traduit les Sonnets de Shakespeare, déjà traduits, ne serait-ce qu’en français, au moins une quinzaine de fois, c’est la moindre des choses), regardant plus souvent que lisant, Pascal Poyet continue d’avancer sa traduction, rarement plus de deux pas en avant, un en arrière, revenant même parfois plus loin en arrière pour être vraiment sûr du pas accompli. Il ne recule pas – puisqu’il a déjà touché le sonnet 152 (sur 154). À le voir faire, l’image qui me vient maintenant est celle du grimpeur qui prépare sa voie en solo (sans assurance), qui doit repérer puis apprendre toutes les prises, pour être sûr qu’en partant de là il arrivera bien là en passant par ici et ici. Le grimpeur qui s’est trompé peut perdre la vie. Certes, on n’a jamais vu de traducteur s’étant trompé arrivé à cette extrémité. Et pourtant…

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lundi 9 mars 2020

Shakespeare in blog (IX) La place vacante

En ne faisant, lors d’une précédente exposition, que « regarder » le sonnet 77, en retardant le moment de le lire, j’avais le projet de vous en reparler. Il s’agissait d’en parler une première fois en allant d’un endroit à un autre du texte que je choisissais des yeux, comme je le fais toujours pour préparer ces expositions, tout en me gardant de le lire « pour de bon », ce que je pensais faire lors d’une seconde exposition : celle-ci.

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vendredi 24 janvier 2020

Shakespeare in blog (VIII) J’ai dormi, j’ai fait le mort

Où l’on voit comment, d’un sonnet à l’autre, la décision du traducteur pour un sens ou un autre de tel mot dans tel vers de tel sonnet dépend de plus en plus d’un ensemble de plus en plus important de sonnets : ne sont pas seulement mobilisés la position, les relations, les rimes et les associations mais aussi le nombre d’occurrences et les contextes pour réduire les ambivalences, ramener la polysémie initiale au choix qui s’impose à la fin de l’enquête de Pascal Poyet, un mot après l’autre.

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lundi 6 janvier 2020

Shakespeare in blog (VII) Dix-huit traductions du sonnet 84

Dans l'« Avertissement » qu'en traducteur Bernard Hœpffner a donné aux Sonnets de Shakespeare en 1999, il commence par signaler les nombreuses traductions disponibles, qui se justifient, pour lui, « du fait de l'extraordinaire richesse de ces sonnets : chaque traduction privilégie certains de leurs aspects et en écarte d’autres »…

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samedi 7 décembre 2019

Shakespeare in blog (VI) L'ambition de Shakespeare

Persévérant, d'une exposition à l'autre, Pascal Poyet continue à repousser le moment de la lecture des sonnets qu'il s'apprête à traduire (et donc le moment où il donnera à en lire une traduction) : avant de chercher à comprendre ce que signifient les mots, il s'agit de regarder leurs dispositions, les positions qu'ils occupent les uns par rapport aux autres, en particulier lorsqu'ils résonnent de la même façon. Le sens arrivera bien assez tôt, et comme de lui-même.

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samedi 14 septembre 2019

Shakespeare in blog (V) Le genre de la deuxième personne (2)

Pourquoi traduire à nouveaux les Sonnets de Shakespeare ? Bien sûr, la grandeur de ce classique de la langue anglaise. Toutefois, comme on a déjà vu, ces sonnets ont déjà été très traduits – et en rien passablement. Le traducteur explicite son propre intérêt au fil de chaque exposition. Mais il y a quelque chose de plus. Au moins chez l'éditeur qui pousse le traducteur à rendre son propos aussi évident que possible. Pour transmettre une lecture (une traduction) qui tourne le dos à l'abscons, au précieux, aux réinventions modernes de l'exotisme qu'abrite le siècle élisabéthain comme tout autre civilisation lointaine. Et rendre l'expérience dont il rend compte (essentiellement une expérience amoureuse) enfin commune – par la « reconstruction dans une autre langue de l’espace commun avec l’auteur », avons-nous déjà dit. Transmettre de la compréhension. Parce que cela seul émancipe.

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vendredi 6 septembre 2019

Shakespeare in blog (V) Le genre de la deuxième personne (1)

On voit bien désormais de quelle manière Pascal Poyet traduit les Sonnets de Shakespeare. On a parlé de « cartographie » pour dire l'importance qu'il donne à la position relative des mots dans l'ensemble des sonnets. Lorsqu'on lui demande de préciser, le traducteur précise qu'il met au jour le sens des mots et groupes de mots en même temps que leur position au sein du texte, prenant en compte « quantité de paramètres qui vont bien au-delà de la seule signification -- comme par exemple, entre autres, la signification que le mot ou le groupe de mots n'a pas ici ». Cette pratique de découvertedu dessin préalable à celle du desseind'un texte, le traducteur l'appelle plus simplement « lire » ce que l'auteur a écrit.

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mardi 25 juin 2019

Shakespeare in blog (IV) Mensonges et récits de seconde main

Poursuivant l'exposition de son work in progress (ainsi qu'on dit justement en français comme en anglais), Pascal Poyet continue de « cartographier » sa lecture des Sonnets de Shakespeare parce que la compréhension, selon lui, ne suit pas la question de savoir ce que l'auteur a voulu dire mais seulement d'avoir vraiment et seulement lu ce que l'auteur a écrit : le sens est là Discutant de ce chemin (de la primauté du sens et de la compréhension) avec un autre traducteur (d'une autre langue), celui-ci conclut qu'« il nous arrive souvent de construire un labyrinthe de miroirs (de réflexions) pour trouver une issue, qui est souvent tout prêt. Après tout, les traductions ne sont que les approximations aussi précises que possible d’un imaginaire qui reconstruit dans une autre langue l’espace que nous avons en commun avec l’auteur ».

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mercredi 29 mai 2019

Shakespeare in blog (III) Traduire, mais…

D’une exposition à l’autre de sa traduction des Sonnets de Shakespeare, la conception que s’en fait Pascal Poyet se fait plus précise. (Où il prend ses distances avec la conception que s’en faisait Bernard Hœpffner que j’érige ici en porte-étendard d’une position que je qualifierais de « texte libre d’auteur ».) Insister sur le moment de la lecture et établir le primat du voir sur le comprendre, du texte sur les sous-textes, contextes et prétextes, revient à mettre entre parenthèses l’interprétation, à en brider les libertés. Regarder ce que l’auteur a écrit, quels mots il a agencés de quelle manière – et ne rien chercher d’autre pour le moment. Enfin se dire qu’on a (peut-être) compris ce que l’auteur a voulu dire. La mise en évidence de ces trivialités n’est pas le moins important dans l’exposition par Pascal Poyet de sa traduction des Sonnets de Shakespeare

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samedi 11 mai 2019

Shakespeare in blog (II) Comment je parle

En 1999, lorsque Bernard Hœpffner livre sa traduction des Sonnets à Mille et un nuits, il affirme n'avoir rendu qu'une seule des deux versions qu'il avait traduites : « Deux versions complètement différentes ?! — À peu près… — Pour la forme, mais aussi le sens ?! — Naturellement. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle j'ai produit deux versions. D'ailleurs, j'aurais pu en traduire comme ça une infinité d'autres. Seul le temps m'a manqué… — Et tu as donné à ton éditeur la version que tu as trouvé la plus réussie ? — Non. Elles se valent… » Pour qui a eu la chance de connaître Bernard Hœpffner, ce dialogue est tout à réaliste. Ne serait-ce que pour les facéties habituelles de sa « pédagogie littéraire » et l'impossibilité à démêler le vrai du faux. On a commencé à voir quelle conception de la traduction Pascal Poyet expose, qui continue ici.

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