éditions Agone

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vendredi 10 juillet 2020

Le roman noir, une manière d'écrire une « autre histoire »

Le roman noir, c'est écrire des choses sérieuses sans se prendre au sérieux. Par un regard distancié et critique, c'est une manière de faire une autre littérature, d'écrire une « autre histoire ». Jean-Bernard Pouy et Marin Ledun racontent combien le roman noir est aussi une démarche politique – à paraître le 17 juillet 2020 dans le prochain numéro de la revue Agone « Une autre littérature » .

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mercredi 8 juillet 2020

Génocide contre les Tutsis du Rwanda : rideau sur un attentat

Le vendredi 3 juillet 2020, la cour d’appel de Paris a rendu sa décision concernant l’enquête sur l’attentat, le 6 avril 1994, contre l’avion du président Habyarimana, qui donna le signal de déclenchement du génocide contre les Tutsis. Le 21 décembre 2018, les juges d’instruction avaient rendu une ordonnance de non lieu qui exonère, faute de charges suffisantes, le Front patriotique rwandais (FPR) de Paul Kagame. Les parties civiles, dont la veuve du président Habyarimana, ont contesté ce non lieu en appel. La piste d’un crime commis par les extrémistes hutus, éventuellement aidés par des Français, n'a jamais été sérieusement envisagée.

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lundi 6 juillet 2020

Nos livres numériques : un choix thématique

 

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Tous nos livres numériques classés par nom d'auteur

  

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dimanche 5 juillet 2020

Soixante-dix ans après Orwell (XXV) Patriotes et révolutionnaires (1)

L’Angleterre s’est engagée dans la révolution, un processus qui a démarré, selon moi, vers la fin de 1938. Cependant, le type de révolution dépend en partie de notre capacité à reconnaître à temps les forces réelles à l’œuvre et à ne pas utiliser des phrases tirées d’un manuel du XIXe siècle comme substituts à la pensée.

L’Angleterre a passé les huit premiers mois de la guerre dans un état de sommeil crépusculaire qui ressemble fort à celui des huit années précédentes. Il y a eu un vague mécontentement généralisé, mais aucun défaitisme actif, comme nous l’avons vu lors des élections partielles. Si tant est que la nation a réfléchi à la guerre, c’est en se réconfortant grâce à deux théories stratégiques entièrement fausses, l’une d’elles officielle, l’autre spécifique à la gauche.

La première prédisait que le blocus britannique obligerait Hitler à s’écraser contre la ligne Maginot ; l’autre était que Staline, en acceptant la partition de la Pologne, avait mystérieusement « stoppé » Hitler, lequel serait par la suite incapable de se lancer dans d’autres conquêtes. Elles ont toutes deux été complètement contredites par les événements. Hitler a tout simplement contourné la ligne Maginot et est entré en Roumanie en passant par la Hongrie, ce que toute personne capable de lire une carte aurait pu prédire dès le début. Mais l’acceptation de ces absurdités géographiques était un reflet de l’apathie générale.

Aussi longtemps que la France tenait bon, notre pays ne se sentait pas en danger d’être conquis et, par ailleurs, la victoire facile que devaient nous procurer nos moyens « économiques » et qui laisserait Chamberlain au pouvoir, et tout le reste exactement comme avant, n’inspirait pas vraiment l’enthousiasme. Nul doute que la plupart d’entre nous auraient préféré une victoire pour les hommes d’affaires britanniques à une victoire de Hitler, mais il n’y avait pas là de raison de se laisser aller au lyrisme. L’idée que l'Angleterre ne pourrait gagner la guerre qu’après être passée par la révolution avait à peine été évoquée.

Vinrent alors les ahurissants désastres de mai et de juin 1. Bien qu’ils n’aient pas été marqués par des bouleversements politiques, quiconque savait se servir de ses yeux et de ses oreilles pouvait s’apercevoir que l’opinion publique virait à gauche. La population britannique avait subi la secousse dont elle avait besoin depuis des années. Elle avait eu droit à une démonstration magistrale du délabrement de sa classe dirigeante, de l’inefficacité du capitalisme privé, du besoin urgent d’une réorganisation économique et de la destruction des privilèges.

Si la gauche avait eu de véritables dirigeants, on ne peut douter que le retour des troupes de Dunkerque aurait pu signifier le début de la fin du capitalisme britannique. À ce moment-là, l’acceptation du sacrifice et des changements radicaux ne touchait pas seulement la classe ouvrière mais également toute la classe moyenne, où le patriotisme, en cas de besoin, est plus fort que le sentiment de son intérêt personnel.

On sentait parfois, là où on l’attendait le moins, qu’on était à la lisière d’une société nouvelle d’où auraient disparu en grande partie la cupidité, l’apathie, l’injustice et la corruption. Mais il n’y avait pas de direction adéquate, le moment stratégique est passé, et le pendule est reparti de l’autre côté.

L’invasion attendue n’a pas eu lieu et, bien que les raids aériens aient été terribles, ce n’était rien en comparaison de ce qu’on avait craint. Depuis le mois d’octobre [1940] environ, la confiance est revenue et, avec la confiance, l’apathie. Les forces de la réaction n’ont pas tardé à contre-attaquer et à consolider leur position, laquelle avait été durement secouée pendant l’été, quand on avait pu croire qu’elles allaient devoir chercher de l’aide chez les gens ordinaires.

Le fait que, contrairement à toutes les attentes, l’Angleterre n’ait pas été conquise avait d’une certaine façon donné raison aux classes dirigeantes, et la chose avait été scellée par la victoire de Wavell en Égypte. Immédiatement après Sidi Barrani, Margesson est entré au Cabinet – une claque évidente et publique à toutes les nuances de l’opinion progressiste. Il n’était pas possible de sortir Chamberlain de sa tombe, mais la désignation de Margesson était ce qui y ressemblait le plus. 2

Cependant, les défaites de l’été avaient fait ressortir quelque chose de bien plus important que la tendance, normale dans presque tous les régimes, à virer à gauche dans les moments de désastre et à droite dans les moments de sécurité. Ce qui était apparu était l’intégrité du sentiment national britannique. Après tout et malgré tout, les gens ordinaires étaient patriotes. Il est immensément important d’accepter ce fait et de ne pas tenter de s’en débarrasser à l’aide de formules toute faites.

Il est sans doute vrai que « les prolétaires n’ont pas de patrie ». Ce qui nous concerne, cependant, est le fait que les prolétaires, en tout cas en Angleterre, sentent qu’ils ont une patrie, et agiront en conséquence. L’idée classique marxiste selon laquelle « les travailleurs » se fichent éperdument de savoir si leur pays est conquis ou non est aussi fausse que l’idée du Daily Telegraph 3 selon laquelle tous les Anglais se sentent pris d’émotion chaque fois qu’ils entendent Rule Britannia.

Il est tout à fait vrai que la classe ouvrière, contrairement à la classe moyenne, n’a aucun sentiment impérialiste et n’aime pas la grandiloquence patriotique. Presque tous les travailleurs comprennent immédiatement le sens équivoque de « votre courage, votre entrain, votre fermeté nous procureront la victoire ». Mais il suffit qu’on croie un instant que l’Angleterre est sur le point d’être conquise par une puissance étrangère et tout cela se renverse.

Il y a eu un moment pendant l’été [1940] où tous nos alliés nous avaient désertés, où notre armée avait été lourdement défaite et avait tout juste réussi à échapper après avoir perdu tout son équipement et où l’Angleterre, à l’intérieur de ses frontières, était presque sans défense. C’était alors ou jamais qu’aurait dû apparaître un mouvement chantant fin-à-la-guerre sur l’air de « L’ennemi est dans notre propre pays », etc. Eh bien, c’est exactement le moment où la classe ouvrière britannique s’est lancée dans un énorme effort pour augmenter la production d’armements et empêcher l’invasion. Après l’appel lancé par Eden pour la création des Local Defence Volunteers 4, un quart de million de recrues se sont présentées le premier jour et un million pendant les semaines suivantes ; j’ai des raisons de croire qu’un plus grand nombre aurait pu être atteint.

Qu’on se souvienne qu’à ce moment-là on s’attendait à ce que l’invasion ait lieu immédiatement, et les hommes qui s’étaient engagés pensaient qu’ils allaient devoir se battre contre l’armée allemande avec des fusils de chasse et des bouteilles d’essence. Il est sans doute encore plus significatif que, au cours des six mois depuis cette date, la Home Guard – des hommes qui s’entraînent après leur travail et plus ou moins sans paie – n’a pas vraiment vu ses forces diminuer, sinon du fait de la mobilisation de ses plus jeunes membres.

Comparons maintenant les chiffres des membres de la Home Guard avec ceux des partis politiques qui pensent que les gens ordinaires ne sont pas patriotes. Le parti communiste, l’ILP 5, l’organisation de Mosley 6 et le PPU 7 ont peut-être tous ensemble 150 000 adhérents, un chiffre qui ne cesse de fluctuer. Lors des élections partielles qui se sont déroulées depuis le début de la guerre, un seul candidat fin-à-la-guerre a réussi à conserver son cautionnement électoral. La conclusion n’est-elle pas évidente, sauf pour ceux qui sont incapables d’accepter les faits ?

Cependant, la révélation du patriotisme de la classe ouvrière coïncidait avec le revirement d’opinion dont j’ai parlé plus haut, la perception soudaine que l’ordre social existant était pourri. Les gens comprenaient vaguement – et pas toujours vaguement, à en juger par quelques conversations que j’ai entendues dans les pubs à l’époque – que nous avions le devoir à la fois de défendre l’Angleterre et de nous transformer en une véritable démocratie.

L’Angleterre est d’une certaine façon arriérée au plan politique, les slogans extrémistes ne circulent pas comme ils le font dans les pays du continent, mais les sentiments de tous les vrais patriotes et de tous les vrais socialistes sont au fond réductibles au slogan « trotskiste » : « La révolution et la guerre sont inséparables. » Nous ne pouvons pas battre Hitler sans passer par la révolution, ni consolider notre révolution sans battre Hitler.

Inutile de prétendre, avec les communistes, qu’on parviendra à se débarrasser de Hitler en se rendant à lui. Inutile d’imaginer, avec le Daily Telegraph, qu’on peut vaincre Hitler sans troubler le statu quo. Une Grande-Bretagne capitaliste ne peut vaincre Hitler ; ses ressources potentielles et ses alliés potentiels ne peuvent être mobilisés. Hitler ne pourra être vaincu que par une Angleterre qui peut faire participer les forces progressistes du monde – une Angleterre qui se bat en conséquence contre les péchés de son propre passé.

Les communistes, et d’autres encore, se disent persuadés que la défaite de Hitler ne signifie rien d’autre qu’une stabilisation renouvelée du capitalisme britannique. Ce n’est qu’un mensonge destiné à propager la désaffection, pour le plus grand intérêt des nazis. En fait, comme les communistes eux-mêmes auraient pu le dire il y a un an, c’est le contraire qui est vrai : le capitalisme britannique ne peut survivre qu’en prenant position par rapport au fascisme. Soit nous transformons l’Angleterre en une démocratie socialiste, soit, d’une façon ou d’une autre, nous devenons une partie de l’empire nazi ; il n’y a pas de troisième possibilité.

(À suivre…)

George Orwell

Première partie d’un texte paru en janvier 1941 dans The New Left (trad. fr., Bernard Hoepffner, Écrits politiques (1928-1949). Sur le socialisme, les intellectuels & la démocratie, Agone, 2009, p. 143-157).

Sur notre nouvelle traduction à paraître de1984(dès à présent disponible en souscription) lire :
Celia Izoard, « Pourquoi fallait-il retraduire1984 » (BlogAgone, 15 mars 2019) ;
Thierry Discepolo : « Préface inédite à l’édition québécoise de la nouvelle traduction de1984 » (BlogAgone, 4 février 2019) ;
« Malheureux comme Orwell en France (I) Traduire de mal en pis
 »(BlogAgone, 27 avril 2019) ;
« L’art de détourner George Orwell » (Le Monde diplomatique, juillet 2019)
Jean-Jacques Rosat, « 1984, une pensée qui ne passe pas » (En attendant Nadeau, 5 juin 2018).

Notes de la rédaction

1. Menacé d’encerclement par l’avancée rapide de l’armée allemande sur le territoire français à partir du déclenchement de l’offensive du 10 mai 1940, le corps expéditionnaire britannique est évacué dans des conditions dramatiques. Entre le 27 mai et le 4 juin 1940, 200 000 Anglais et 130 000 Français embarquent vers l’Angleterre à partir des plages et du port de Dunkerque, pilonnés par l’aviation allemande.

2. Fin 1940-début 1941, les armées britanniques du Moyen-Orient, commandées par le général Archibald Wavell, mènent une campagne victorieuse contre l’armée italienne en Éthiopie, en Somalie et en Libye. La victoire de Sidi Barrani (10 décembre 1940) en Égypte leur ouvre les portes de la Libye. Député et ministre conservateur, David Margesson est nommé par Churchill au ministère de la Guerre en octobre 1940, en remplacement d’Anthony Eden devenu ministre des Affaires étrangères.

3. Quotidien fondé en 1885 – ses liens entre sa rédaction et la direction du parti conservateur l’ont fait parfois appeler le Torygraph.

4. Cet appel à s’enrôler dans les Volontaires pour la défense locale (la force de civils armés pour la défense du territoire contre un éventuel débarquement allemand, qui deviendra quelques semaines plus tard la Home Guard, dans laquelle Orwell s'est engagée) fut lancé le 14 mai 1940 par Anthony Eden, qui était à cette date ministre de la Guerre.

5. Fondé en 1893 par le syndicaliste James Keir Hardie, Independent Labour Party compte 50 000 membres en 1895 et participe en 1906, comme affilié, à la création du Labour Party, le parti travailliste. Pendant des années, l'ILP fournit des militants et des parlementaires au Labour, mais il a ses propres congrès et une ligne politique autonome. Son socialisme égalitaire repose largement sur une sorte d’évangélisme sécularisé. Pendant la Première Guerre mondiale, l’ILP est pacifiste (à la différence du Labour). Dans les années 1920, il se montre très critique à l’égard des gouvernements travaillistes, dont il juge la politique beaucoup trop timide. L'ILP voit bientôt ses effectifs fondre au profit Labour, du parti communiste ou des groupes trotskistes.C’est à un parti en rapide déclin qu’Orwell adhère en juin 1938, qu’il le quitte dès l’année suivante par opposition à son pacifisme. L’ILP est au bord de la disparition lors de la Seconde Guerre mondiale à cause de son refus de repenser sa position pacifiste. .

6. Fondateur (en 1932) et leader du mouvement fasciste anglais (dont les membres étaient connus sous le nom de « chemises noires »), Oswald Mosley (1896-1980) était un farouche partisan de Hitler.

7. Lancé en 1934, l’Union du serment pour la paix (Peace Pledge Union) est le principal mouvement pacifiste de Grande-Bretagne durant la Seconde Guerre mondiale. Prônant l’objection de conscience, la PPU fait l’objet de nombreuses poursuites. Une fois la guerre déclarée, elle atteint son apogée en avril 1940 avec plus de 130 000 membres. L’offensive allemande du mois suivant, qui met fin à la « drôle de guerre », entraîne cependant son déclin.

dimanche 28 juin 2020

Soixante-dix ans après Orwell (XXIV) Le bon sens libéral en temps de guerre

Au début de la Seconde Guerre mondiale, Orwell évaluait le « point de vue hédoniste », pour conclure que « la plus grande partie de ce qui se passe aujourd’hui n’a aucun sens »…

Mr Joad est un bon libéral 1. Ce qui revient à dire, à un moment comme celui-ci, qu’il est un anachronisme impuissant. Il représente le point de vue du « bon sens », qui accepte l’hédonisme de l’animal humain et qui, en conséquence, interprète l’histoire contemporaine en termes de motifs qui, pour un très grand nombre d’êtres humains, ont tout simplement cessé de fonctionner.

L’hypothèse qui sous-tend tout ce que pense Mr Joad est que les êtres humains désirent le confort, la sécurité, l’hygiène, des jeux, des promenades à la campagne, une vie sexuelle heureuse, un minimum de liberté – et très peu d’autres choses.

Il est évident que ces choses-là sont aisément à la portée de tous, et il semblerait s’ensuivre qu’au lieu de nous battre les uns contre les autres nous devrions nous mettre d’accord et organiser le monde selon une base plus raisonnable. Mais pourquoi ne le faisons-nous pas ?

Cherchant des raisons autour de lui, Mr Joad se fixe sur cette monstrueuse idole, l’État national, qui a fait son temps, n’est plus d’aucune utilité et massacre des millions d’hommes pour des bêtises telles que des drapeaux et des frontières. Nous devons donc abolir l’État souverain, y substituer une union fédérale – mais cette fois-ci une véritable union, sans armée nationale, sans barrières douanières ou autres choses de ce genre –, et les hommes pourront alors oublier leurs haines imbéciles et leurs fausses loyautés pour vivre heureux à jamais.

Comme presque toutes les autres solutions proposées par des libéraux, c’est simplement une affirmation des objectifs sans aucune indication des moyens. Le problème avec Mr Joad et avec tous ceux qui sont comme lui, c’est qu’ils essayent de s’occuper d’émotions qu’ils n’ont jamais connues et qu’ils ne comprennent donc pas.

Depuis les années 1920, l’atmosphère particulière des pays de langue anglaise a permis à l’intelligentsia de se débarrasser du patriotisme, et à partir de là elle a affirmé que le patriotisme n’existait pas. Entre-temps, toute l’histoire contemporaine la contredit.

En fait, la plupart des hommes accepteront plus volontiers de mourir « pour leur pays » qu’ils ne feront grève pour une augmentation de salaire. N’est-il pas possible, en conséquence, qu’il y ait quelque chose d’erroné dans le point de vue hédoniste de « bon sens » ?

Mr Joad rapporte six entretiens avec six personnes représentatives : un patriote ordinaire honnête, deux patriotes d’un genre plus déplaisant, un pacifiste individualiste, un communiste et un pacifiste religieux. La seule personne qu’il comprenne vraiment sur cette liste est la quatrième, justement celle qui, n’étant pas touchée par le fanatisme, n’a aucune importance.

Ce doit être désolant, en temps de guerre, d’avoir un esprit comme celui de Mr Joad – tellement alerte, raisonnable, scrupuleux et d’humeur égale –, tout en étant incapable de saisir ce qui se passe. Car l’avenir, en tout cas l’avenir immédiat, n’appartient pas aux hommes « raisonnables ». L’avenir appartient aux fanatiques, et ceux qui perdent leur talent à montrer qu’un fanatisme est presque aussi mauvais qu’un autre rendent simplement plus facile le triomphe des pires fanatiques.

George Orwell

Texte paru le 8 juin 1940 dans Time and Tide au titre de recension de Journey Through the War Mind, de C .E. M. Joad (trad. fr., Bernard Hoepffner, Écrits politiques (1928-1949). Sur le socialisme, les intellectuels & la démocratie, Agone, 2009, p. 130-132).

Sur notre nouvelle traduction à paraître de1984(dès à présent disponible en souscription) lire :
Celia Izoard, « Pourquoi fallait-il retraduire1984 » (BlogAgone, 15 mars 2019) ;
Thierry Discepolo : « Préface inédite à l’édition québécoise de la nouvelle traduction de1984 »(BlogAgone, 4 février 2019) ;
« Malheureux comme Orwell en France (I) Traduire de mal en pis
 »(BlogAgone, 27 avril 2019) ;
« L’art de détourner George Orwell » (Le Monde diplomatique, juillet 2019)
Jean-Jacques Rosat, « 1984, une pensée qui ne passe pas »(En attendant Nadeau, 5 juin 2018).

Note de la rédaction

1. Philosophe de tendance rationaliste, membre du prestigieux Birbeck College (Londres), C. E. M. Joad (1891-1951) a notamment animé, sur la BBC, l’émission de radio The Brains Trust (littéralement « Le groupe d’experts »), diffusée à partir de 1941, au cours de laquelle un panel d’« intellectuels » répondait aux questions des auditeurs. En 1943, cette émission était écoutée en moyenne par plus de dix millions d’auditeurs.

mercredi 24 juin 2020

Agroécologie et agriculture biologique en Bolivie (II)

Dans la suite de son enquête mené en 2011 en Bolivie, Michel Besson analyse les tensions entre, d'un côté, « les tenants d’une agriculture biologique uniquement marchande, développée sur le modèle imposé par les pays industrialisés. De l’autre, les défenseurs d’une agriculture écologique permettant une véritable souveraineté alimentaire des peuples et préparant la création d’une nouvelle société réellement respectueuse des hommes et de la nature. »

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lundi 22 juin 2020

Des verts et des pas mûrs

J’entendais récemment, à la radio, une personnalité du Mouvement écologiste qui répondait aux questions des journalistes. L’interviewé était en l’occurrence un éminent représentant de cette nouvelle vague verte que les préoccupations grandissantes de l’écologie font remonter comme une écume à la surface du bouillon politicien dans la marmite électorale…

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dimanche 21 juin 2020

Soixante-dix ans après Orwell (XXIII) Nos mains ne sont pas propres

Découvrant en 1940 la déclaration du dirigeant nazi Robert Ley, selon laquelle les « races inférieures, telles que les Polonais et les Juifs » n’ont pas besoin de manger autant que les Allemands, George Orwell s’est remémoré la première scène à laquelle il assistait « en mettant le pied sur le sol d’Asie » – c'était en novembre 1922, il avait dix-neuf ans et allait être officier de police en Birmanie.

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vendredi 19 juin 2020

Infinitif présent (II) Conjugaison des temporalités

Avec ce livre, JMarc Rouillan accomplit sa « conjugaison des temporalités pour obtenir une symbiose entre le quotidien pénitentiaire et le passé qui resurgit en imposant des présences viscérales au milieu de l’absence radicale ». C’est ainsi qu’il emprunte et relie presque tous les thèmes et les genres qu’il a déjà explorés : récits (plus ou moins théâtralisés) de l’univers carcéral, mémoires du militant tissées d’icônes révolutionnaire, souvenirs d’enfance, soliloques et analyses politiques.

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