Chacun aura apprécié à sa manière l’initiative prise par la société d’édition qui a mis en vente deux « coffrets vaudous » contenant une poupée à l’effigie, l’un de Nicolas Sarkozy, l’autre de Ségolène Royal, avec une douzaine d’aiguilles et une notice pour jeter des sorts aux deux victimes en les piquant aux bons endroits. On peut regarder cette opération commerciale comme un simple gag (c’est le parti pris par Royal) ou au contraire comme un outrage (c’est le sentiment de Sarkozy). Ni l’une ni l’autre de ces réactions ne me paraît convenir à la nature d’un acte dont la signification implicite échappe probablement à ses auteurs eux-mêmes. Je n’y vois en effet, ni vraiment une offense, ni tout à fait une plaisanterie, mais bien plutôt une sorte de métaphore de ce qu’est devenu le combat politique et idéologique dans notre pays.