Orwell a simplement deux convictions dont il est certain qu’elles sont partagées par tous les gens ordinaires, par tous ceux qui ne sont pas aveuglés par la défense de leurs privilèges ou par une idéologie.

La première est que nous vivons une époque où des puissances inhumaines de plus en plus gigantesques – militaires et policières, techniques, économiques – se dressent contre l’individu. Nous sommes à « l’ère de la peur, de la tyrannie, de l’enrégimentation » 1.

Dans Un peu d'air frais, le roman qu’il écrit à la veille de la Seconde Guerre mondiale, le personnage principal, George Bowling, est un vendeur d’assurances hanté par l’imminence de la catastrophe. « Je ne suis pas un imbécile, mais je ne suis pas non plus un intellectuel. En temps normal, mon horizon ne dépasse pas celui du type moyen de mon âge, qui gagne sept livres par semaines et qui a deux gosses à élever. Et pourtant, j’ai assez de bon sens pour voir que l’ancienne vie à laquelle nous sommes accoutumés est en voie d’être détruite jusque dans ses racines. Je sens que ça vient. Je vois la guerre qui approche et l’après-guerre, les queues devant les magasins d’alimentation, la police secrète et les haut- parleurs qui vous disent ce qu’il faut penser. Et je ne suis pas le seul dans ce cas. Il y en a des millions comme moi. Les types ordinaires que je croise partout, les types que je rencontre dans les pubs, les conducteurs d’autobus, les représentants en quincaillerie — tous se rendent compte que le monde va mal 2. »

Orwell se voit lui-même comme un homme ordinaire, plus lucide que les experts militaires, économiques ou politiques. Le 8 juin 1940, à l’heure où la France s’effondre devant l’attaque allemande et où les Anglais commencent à craindre un débarquement sur leur propre sol, il écrit dans son journal : « Là où je vois que les gens comme nous comprennent mieux la situation que les prétendus experts, ce n’est pas par leur talent de prédire des événements spécifiques, mais bien par leur capacité de saisir dans quelle sorte de monde nous vivons. En tout cas, j’ai su dès 1931 […] que nous nous préparions un futur catastrophique 3. »

Orwell n’est pas un socialiste progressiste. Rien pour lui ne garantit que notre futur sera meilleur que notre passé. Il refuse la consolation des théories qui transforment les malheurs d’aujourd’hui en péripéties, regrettables mais inévitables, sur le chemin d’un avenir nécessairement radieux; elles ne servent au bout du compte qu’à la justification cynique de la répétition des horreurs. Mais, contrairement à ce qu’on croit souvent, il n’est pas un pessimiste. À tout instant, le pire est possible, mais il n’est jamais sûr.

Plusieurs expériences cruciales – l’égalité et la liberté qu’il a connues dans la Barcelone révolutionnaire de décembre 1936, la levée en masse de centaines de milliers d’Anglais volontaires pour défendre leur pays et la liberté en mai 1940 – l’ont convaincu que la droiture et le courage des gens ordinaires peuvent faire barrage à la barbarie, et que, dans des situations de crise, leur lucidité peut être supérieure à celle des intellectuels patentés.

En janvier 1940, pendant la drôle de guerre, il est écœuré par « les intellectuels qui affirment aujourd’hui que démocratie et fascisme, c’est blanc bonnet et bonnet blanc » ; mais, ajoute-t-il, « il se peut qu’au moment de l’épreuve de vérité l’homme de la rue se montre plus intelligent que la grosse tête » 4. En somme, il a plutôt confiance dans les réactions des vendeurs d’assurances et des quincailliers.

Mais notre époque n’est pas seulement celle des catastrophes et du totalitarisme. Elle est aussi – c’est l’autre conviction d’Orwell – la première qui dispose des capacités techniques et des moyens économiques d’assurer une vie décente à tous les êtres humains. Autrefois, les uns ne pouvaient connaître l’aisance qu’à condition que les autres soient leurs esclaves. Le niveau de développement économique du monde moderne rend injustifiable toute forme d’oppression coloniale ou de domination de classe. Quiconque n’a pas de privilège à défendre devrait être socialiste. « Le socialisme est si conforme au bon sens élémentaire que je m’étonne parfois qu’il n’ait pas déjà été institué 5. » Le ressort du socialisme, c’est l’exigence de justice et d’égalité inscrite depuis des siècles dans la morale commune et devenue enfin réalisable.

Cette conviction que le socialisme est aujourd’hui la forme d’organisation économique et sociale la plus appropriée s’est trouvé renforcée par une idée extrêmement répandue à la fin des années 1930 : après la crise de 1929, les économies les plus « étatisées » paraissaient s’être relevées les premières ; la relance de l’économie allemande, les succès de la planification soviétique, et jusqu’à la mise en place du New Deal aux États-Unis semblaient montrer que le capitalisme du laissez-faire avait fait son temps ; l’avenir était donc aux économies collectivisées.

Orwell partageait manifestement cette idée. Mais, à la différence de beaucoup d’autres, et notamment de la quasi-totalité des intellectuels marxistes, il a vite compris que la collectivisation, à ses yeux inéluctable, des économies modernes ne garantissait aucunement l’avènement d’une société égalitaire mais qu’elle pouvait tout aussi bien engendrer une société inégalitaire, gouvernée d’une main de fer par une classe nouvelle dont la domination ne repose plus sur l’argent mais sur le pouvoir – celui que donne l’exercice des fonctions organisatrices et bureaucratiques nécessaires dans ce type d’économie. Le régime stalinien n’est qu’un des modèles possibles de ce nouveau type de société de classes. L’alternative n’est donc plus tant « socialisme ou capitalisme » que « collectivisme démocratique ou collectivisme oligarchique », c’est-à-dire « socialisme ou totalitarisme ». La question politique décisive est celle du pouvoir, et c’est parce qu’il a achoppé sur cette question que le mouvement socialiste, dans ses versions révolutionnaires comme dans ses versions réformistes, a été incapable de réaliser l’égalité, où que ce soit.

Orwell ne s’est déclaré socialiste qu’au terme d’un long cheminement, et il l’a fait les yeux grands ouverts. Il n’a jamais entretenu d’illusion sur les régimes et les partis qui se réclamaient alors du socialisme, non plus que sur leurs dirigeants et leurs intellectuels. Il a récusé aussi bien la tradition progressiste et éclairée, incarnée en Angleterre par le mouvement fabien, que le modèle communiste de l’intellectuel de parti ou du compagnon de route ; et pour la même raison : il y a vu deux formes de domination sur le peuple et les gens ordinaires au sein du socialisme lui-même.

À propos de Béatrice Webb, l’une des fondatrices de la Société fabienne, il écrit que, « pour beaucoup de ceux qui se réclament du socialisme, la révolution n’est pas un mouvement de masses auquel ils espèrent s’associer mais un ensemble de réformes que nous, les gens intelligents, allons imposer aux basses classes » 6. Quant au modèle léniniste du parti d’avant-garde, doté de la théorie juste et chargé d’éclairer les masses sur le chemin de leur avenir, la critique qu’il en dresse dans une lettre à Dwight Macdonald du 5 décembre 1946, en réponse à une question de ce dernier sur la morale qu’on doit tirer de La Ferme des animaux, vaut d’être citée entièrement : « Je voulais montrer que cette sorte de révolution (une révolution violente menée comme une conspiration par des gens qui n’ont pas conscience d’être ivres de pouvoir) ne peut conduire qu’à un changement de maîtres. La morale selon moi est que les révolutions ne sont une amélioration radicale que si les masses sont vigilantes et savent comment virer leurs chefs dès que ceux-ci ont fait leur boulot. Le tournant du récit, c’est le moment où les cochons gardent pour eux le lait et les pommes (Kronstadt). Si les autres animaux avaient eu alors la bonne idée d’y mettre le holà, tout se serait bien passé. Si les gens pensent que je défends le statu quo, c’est parce qu’ils sont devenus pessimistes et qu’ils admettent à l’avance que la seule alternative est entre la dictature et le laissez-faire capitaliste. Dans le cas des trotskistes, s’ajoute une complication particulière : ils assument la responsabilité de ce qui s’est passé en URSS jusqu’en 1926 environ, et ils doivent faire l’hypothèse qu’une dégénérescence soudaine a eu lieu à partir de cette date. Je pense au contraire que le processus tout entier pouvait être prédit – et il a été prédit par un petit nombre de gens, Bertrand Russell par exemple – à partir de la nature même du parti bolchevique. J’ai simplement essayé de dire : “Vous ne pouvez pas avoir une révolution si vous ne la faites pas pour votre propre compte ; une dictature bienveillante, ça n’existe pas 7. »

Aucun mouvement socialiste ne réalisera l’égalité si les gens ordinaires en sont écartés ou ne s’y reconnaissent pas. Le socialisme d’Orwell, c’est le socialisme de l’homme ordinaire. La figure de l’homme ordinaire s’est élaborée dans la pensée d’Orwell pendant les années 1930, au fil de ses réflexions sur les rapports entre roman et société (Joyce, Henri Miller, Dickens), et elle s’oppose terme à terme à celle de l’intellectuel 8. Alors que celui-ci décide de ses engagements à partir de théories, les choix de l’homme ordinaire sont arc-boutés sur sa seule expérience. L’homme ordinaire n’est pas le militant, ni même le citoyen. L’horizon de ses jugements n’est ni l’histoire de l’humanité ni la nation, mais le monde concret et particulier où il vit, celui sur lequel il a prise et où ses actes ont un sens pour lui. « L’homme ordinaire est passif. À l’intérieur d’un cercle étroit (sa vie familiale, et peut-être le syndicat ou la politique locale), il se sent maître de son destin; mais face aux grands événements majeurs, il est tout aussi démuni que face aux éléments. Bien loin de tenter d’agir sur l’avenir, il file doux et attend que les choses se passent. »

On le rencontre par exemple dans « les livres écrits sur la Grande Guerre [qui] sont l’œuvre de simples soldats ou d’officiers subalternes, qui ne prétendaient même pas comprendre de quoi il retournait des livres comme À l'Ouest rien de nouveau, Le Feu, L’Adieu aux armes, […] écrits non par des propagandistes, mais par des victimes 9».

L’homme ordinaire, ajoute Orwell, est « indifférent à la morale comme à la politique », non pas au sens où il ignorerait tout code moral et ne voterait jamais aux élections, mais au sens où ni les doctrines morales ni les idéologies politiques ne sont les véritables ressorts de sa conduite. Cette passivité peut rendre l’homme ordinaire plus sensible et plus réceptif aux événements qui bouleversent notre monde (et à leur véritable signification) que celui qui les appréhende essentiellement à travers les doctrines et les mots.

En devenant eux-mêmes des idéologues ou laissant leur pensée s’imprégner d’idéologie, une bonne partie des intellectuels du XXsiècle n’ont pas seulement perdu le sens du réel ; ils ont aussi perdu le sens moral. Ils ont abandonné la mentalité libérale, qui était celle des écrivains et penseurs du XIXe siècle comme Dickens, en faveur de ce qu’Orwell appelle le « réalisme » : la soumission devant le fait accompli, le cynisme sur les moyens pourvu que la fin les justifie, et la célébration de la puissance. Ils ne tiennent plus pour absolues les exigences constitutives de ce qu’Orwell nomme la « common decency », l’honnêteté commune : liberté individuelle, vérité objective, égalité et justice. Ils les rejettent comme idéalistes ou bourgeoises, ou bien les subordonnent à la nécessité historique, à la vérité de l’époque, ou encore au succès. Au contraire, « les gens ordinaires, dans les pays occidentaux n’ont pas encore accepté l’univers mental du “réalisme” et de la politique de la force 10 » ; ils vivent toujours dans le monde moral de Dickens. Bien entendu, cela ne les retient pas de mentir, de tricher ou de voler. Mais, s’ils transgressent les valeurs de l’honnêteté commune, ils n’en contestent ni l’importance, ni le bien fondé. Ce qui fait peur à Orwell, en revanche, « c’est l’incapacité des intellectuels modernes à se rendre compte que, quelles que soient ses formes politiques et économiques, une société humaine doit avoir [ces] valeurs pour base »  11.

L’abandon de la morale commune au profit d’un réalisme « machiavélien » et la domination sur les gens ordinaires sont étroitement liés. Les intellectuels n’ont pas seulement été dupes d’idéologies totalitaires comme le fascisme ou le communisme. Ils y ont trouvé leur compte, c’est-à-dire la légitimation de nouvelles formes de pouvoir. Comme Orwell l’expliquera en 1946 dans « James Burnham et l’ère des organisateurs », un de ses essais politiques les plus incisifs, « c’est seulement après que le régime soviétique est devenu manifestement totalitaire que les intellectuels anglais ont commencé à s’y intéresser en grand nombre ». Le vœu secret de l’intelligentsia britannique russophile, c’est « la destruction de la vieille version égalitaire du socialisme et l’avènement d’une société hiérarchisée où l’intellectuel puisse enfin s’emparer du fouet » 12. Le conflit entre l’intellectuel d’État (qui s’identifie au pouvoir et manie en virtuose la novlangue et la double pensée) et l’homme ordinaire (qui s’accroche désespérément aux exigences de vérité et de liberté) constituera la trame de 1984.

Peut-on tirer d’une exigence purement morale – comme semble l’être l’appel à l’honnêteté commune – une perspective et un programme qui méritent d’être appelés « politiques » ?

On remarquera d’abord que l’honnêteté commune, si elle relève du sentiment moral de chacun, ne relève pas pour autant de la sphère privée. Dans son grand essai sur Dickens, Orwell décrit comme une de ses composantes essentielles « le sentiment qu’il faut toujours être du côté de l’opprimé, prendre le parti du faible contre le fort ». Il y voit « un trait caractéristique de la culture populaire occidentale, présent dans les contes et les chansons humoristiques, dans des figures mythiques comme Mickey Mouse ou Popeye (deux avatars de Jack le Tueur de Géants) et dans l'histoire du socialisme ouvrier » 13. C’est un sentiment qui peut conduire à des actes politiques individuels forts et risqués des gens qui n’ont jamais « fait de politique » – comme ces milliers de « gens ordinaires » qui protègent ou cachent des enfants immigrés menacés d’expulsion ; et qui, parce qu’ils ne supportent pas l’idée que le copain de leur fils ou leur petite voisine soient emmenés entre deux gendarmes, s’engagent dans une forme de désobéissance civile qui peut leur valoir amende et prison.

Mais l’honnêteté commune n’est pas politique seulement parce qu’elle peut être à la source d’actes symboliques forts de ce genre. Elle peut aussi contribuer à la définition d’une politique socialiste concrète. Dans Le Lion et la licorne, son essai politique le plus abouti, publié en avril 1941, et dans lequel il tente de conjuguer patriotisme, effort de guerre et révolution, Orwell explique qu’il « est devenu manifeste depuis quelques années que “la propriété collective des moyens de production” ne suffit pas à définir le socialisme. Il faut y ajouter aussi une égalité approximative des revenus, […] la démocratie politique et l’abolition de tout privilège héréditaire, en particulier dans le domaine de l’éducation. Ce sont là d’indispensables garanties contre la formation d’une nouvelle classe dirigeante. La propriété centralisée ne change, en tant que telle, pas grand-chose si les gens n’ont pas un revenu à peu près égal et n’ont aucun moyen de contrôler d’une manière ou d’une autre le gouvernement. Si ce n’est pas le cas, “l’État” ne sera qu’un parti politique se mandatant lui-même, et l’on assistera à un retour de l’oligarchie et de privilèges fondés, cette fois, non pas sur l’argent mais sur le pouvoir 14 ».

Concrètement, Orwell propose que l’écart maximal entre le salaire minimum et le plus haut revenu soit de un à dix : « À l’intérieur de ces limites, un certain sentiment d’égalité est possible. Un homme qui gagne cent cinquante livres par an et celui qui en perçoit mille cinq cents peuvent avoir l’impression d’être des créatures assez semblables – ce qui est inenvisageable si l’on prend le duc de Westminster et un clochard de l’Embankment 15. »L’inégalité est admissible tant qu’elle n’empêche pas les hommes de se reconnaître comme des semblables, comme appartenant à une même communauté ou à un même monde. Elle est immorale au-delà. Il suffit d’imaginer ce que signifierait la proposition d’une mesure de ce genre France de nos jours, et comment elle serait accueillie, pour mesurer à quel point l’honnêteté commune peut être révolutionnaire. C’était en tout cas la conviction d’Orwell : « Il n’est pas démontré qu’une critique purement morale de la société ne puisse être tout aussi révolutionnaire (et qu’est-ce après tout que la révolution sinon mettre les choses sens dessus dessous ?) que la critique politico-économique aujourd’hui en vogue 16. » Plus généralement, la question décisive en politique n’est pas de savoir si on dispose ou non de la théorie vraie ; les théories sont faillibles, partielles, et elles peuvent facilement devenir des instruments de pouvoir et de domination ; la question décisive est de savoir si, face aux événements, on a su conserver sens du réel et sens moral – un « flair moral » comme dit Orwell.

Il est certains qu’Orwell a certes commis un certain nombre d’erreurs dans l’appréciation et la prédiction des événements, comme en commettent tous les hommes profondément impliqués dans la vie politique de leur temps. Mais, à l’heure des choix, dans l’Espagne de 1937, dans l’Angleterre de juin 1940, ou face au monde de 1946, « son flair moral » s’est avéré sûr : il s’est trouvé là où il fallait.

Jean-Jacques Rosat

Deuxième partie de sa préface à John Newsinger, La Politique selon Orwell, Agone, 2006

Sur la réédition à paraître en janvier 2021 de Mille neuf cent quatre-vingt-quatre (dès à présent disponible en souscription), lire :
Celia Izoard, « Pourquoi fallait-il retraduire1984 » (BlogAgone, 15 mars 2019) ;
Thierry Discepolo : « Préface inédite à l’édition québécoise de la nouvelle traduction de1984 » (BlogAgone, 4 février 2019) ;
« Malheureux comme Orwell en France (I) Traduire de mal en pis » (BlogAgone, 27 avril 2019) ;
« L’art de détourner George Orwell » (Le Monde diplomatique, juillet 2019)
Jean-Jacques Rosat, « 1984, une pensée qui ne passe pas » (En attendant Nadeau, 5 juin 2018).

Notes

1. George Orwell, Essais, articles, lettres, Ivrea-Encyclopédie des nuisances, volume I, 1995, p. 633.

2. George Orwell, Un peu d’air frais,Ivrea, 1983, p. 210.

3. George Orwell, Essais, articles, lettres, op. cit., vol. II, p. 419.

4. Ibid., vol. I, p. 511-512.

5. George Orwell, Le Quai de Wigan, Ivrea, 1982, p. 193.

6Ibid., p. 203.

7The Complete Works of George Orwell, Peter Davison (dir.), London, Secker & Warburg, 1998, vol. 18, p. 507.

8. Sur ce parallèle, on trouvera d’autres éléments dans mon article« Quand les intellectuels s’emparent du fouet. Orwell et la défense de l’homme ordinaire » (Agone, octobre 2005, n° 34, p. 89-109).

9. George Orwell, Essais, articles, lettres, op. cit., vol. I,p. 623-624.

10. Ibid., p. 573.

11. Ibid., p. 663.

12. Ibid., vol. IV, p. 218.

13. Ibid., vol. I, p. 573.

14. Ibid., vol. II, p. 104.

15. Ibid., p. 126.

16. Ibid., vol. I, p. 534.