éditions Agone

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À quoi sert l'École

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lundi 18 mai 2020

Le projet réactionnaire et autoritaire du ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer

« Nous observons, consternés, un système éducatif détourné de ses fondements républicains et de ses valeurs et ne pouvons nous taire. » Une quinzaine de hauts fonctionnaires du ministère de l'Éducation nationale dénoncent une « mise au pas » du ministère qui va des cadres aux enseignants de terrain astreints à suivre des guides pédagogiques. Plus « l'aveuglement scientiste » de Jean-Michel Blanquer, ils démontent les politiques qu'il mène depuis 2017. D'abord sur l'enseignement professionnel, officiellement « réévalué » alors que s'applique en fait un véritable hold up sur l'avenir des jeunes des lycées professionnels à qui on ferme toute perspective de poursuite d'études. Même logique pour les autres lycéens, engagés dans une course perpétuelle à la performance qui élimine les faibles. La « priorité au primaire » proclamée par le ministre est en fait une « priorité aux maternelles privées », que favorise la loi Blanquer.
   Il n'est pas certain que nous partagions tous l’enthousiasme de ces hauts fonctionnaires pour  les « valeurs républicaines de l’École » depuis longtemps devenues davantage un slogan qu’une ligne directrice. Mais il ne fait pas de doute qu’une alliance provisoire avec ces cadres intermédiaires du pouvoir de l'État est utile pour faire chuter le gouvernement le plus répressif qu'on ait connu depuis qu’alternent au pouvoir des versions de « gauche » et de droite du néolibéralisme.

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mardi 3 décembre 2019

La longue histoire du malaise enseignant

On aimerait tant qu’aux doux mot d’« école » et d’« enseignant » soit accolées les idées d’épanouissement, de vocations et d’utilité sociale. Mais on assiste plutôt, sous le ministère Blanquer, à la fabrication de plus en plus visible d'une véritable chaîne macabre…

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mercredi 20 novembre 2019

La solidarité au secours de la Convention internationale des droits de l’enfant

Demain, notre école fêtera les trente ans de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), avec un jour de retard (mercredi oblige). Ce sera sans doute un bel événement, qui marquera les élèves et leurs parents, invités pour la circonstance. Il y aura des expositions, des spectacles, du chant, des jeux de société et des poèmes qui exprimeront toutes les qualités intellectuelles et artistiques dont font preuve les élèves lorsqu’ils se mobilisent sur de vrais enjeux.

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mercredi 26 juin 2019

Célestin Freinet et Paulo Freire : des pédagogies de transformation sociale

Les pédagogies critiques participent d’un projet de remise en cause des diverses dominations et en particulier de l’organisation sociale en régime capitaliste. Deux de leurs fondateurs, Célestin Freinet (en France) et Paulo Freire (au Brésil), ont développé une éducation au service des classes les plus pauvres, qui prend notamment en considération l’expérience sociale des élèves. Fondée sur une condamnation de l’éducation officielle instaurée par (et pour) les classes dirigeantes et sur l’expérimentation de la participation politique, ces pédagogies font de l’école un lieu d’apprentissage de la démocratie. Passant par une compréhension critique de la société et des origines des inégalités sociales, ces pédagogies sont, en cela, porteuses d’espoir pour les opprimés : parce qu’elles laissent entrevoir la possibilité d’une transformation sociale radicale.

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jeudi 20 juin 2019

Les vices de la liberté académique

On peut être bête, confus, lâche, vaniteux ou bavard sans y être pour grand-chose. Mais quand on est prétentieux, arrogant, sot, malhonnête intellectuellement, snob ou esprit faux, c’est en grande partie de notre fait.

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jeudi 9 mai 2019

À quoi sert l’enseignement de l’histoire

Dans son Apologie pour l’histoire et le métier d’historien, March Bloch écrivait qu’il n’imaginait pas « de plus belle louange que de savoir parler, du même ton, aux doctes et aux écoliers ». Quelle réponse donneriez-vous aujourd’hui, Laurence De Cock, à un élève qui, en CM1, découvre les Celtes, les Gaulois, les Grecs, les Romains et se demande à quoi sert l’enseignement de l’histoire ?

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lundi 25 mars 2019

Pour une éducation au politique par l'École

« L'abstention, premier parti des 18-25 ans », tirait Le Monde en mars 2017. Une abstention qui aurait atteint un niveau historique chez les jeunes aux dernières législatives. Et pour Le Figaro d'avril 2017, « une nouvelle fois, les jeunes plébiscitent les extrêmes » – les 18/34 ans auraient voté à voire 30 % pour Jean-Luc Mélenchon et 25,7 % pour Marine Le Pen. Le vote Front national serait « celui qui rassemble le plus les jeunes » en 2017, et on se souvient qu'en 2015 un sondage donnait un votre massif des 18-30 ans pour le parti des Le Pen.

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vendredi 22 février 2019

La nostalgie d’une école de la ségrégation sociale

D'une rentrée à l'autre, le débat sur l’éducation est de plus en plus enkysté par les appels au retour à l’ordre moral, à l’autorité et à l’« identité nationale ». Mesures simplistes (port de l’uniforme ou salut au drapeau) et offensives idéologiques (sur le « roman national » ou contre l’enseignement des questions de genre) sont relayées dans les magazines ou des pamphlets hargneux livrant à la vindicte populaire les prétendus « pédagogistes ».

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vendredi 8 février 2019

Pourquoi les programmes d’histoire déchaînent-ils tant de passions ?

Il est rare que la publication d’un nouveau programme d’histoire, même lorsqu’il ne s’agit que de menus changements, ne suscite pas une controverse, désormais largement relayée par les médias. L’histoire passionne, dit-on. Et sans doute devrait-on s’en réjouir, nous qui l’écrivons et l’enseignons…

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vendredi 18 janvier 2019

Vous enseignez quoi exactement ?

Tout le monde a pu le remarquer : chaque fois que des lycéens et des étudiants se mobilisent pour mener un combat que leurs aînés n’ont pas eu l’idée ou le courage de commencer, ils trouvent à leurs côtés, dans leurs établissements scolaires et universitaires, un certain nombre d’enseignants qui leur apportent un concours enthousiaste. Mais ils trouvent aussi, en face d’eux, un nombre non négligeable d’enseignants qui ne tardent pas à entonner, avec un vibrato dramatique dans la voix, le refrain préféré des briseurs de grève et des forceurs de blocus : « Il faut finir les programmes ! Il faut passer les examens ! »

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