Né en 1647 dans la petite ville de Carla (aujourd’hui Carla-Bayle), près de la frontière espagnole au sud de Toulouse, où son père est pasteur protestant, Pierre Bayle vit dans l’atmosphère agitée de la persécution des huguenots, dont le statut de minorité puissante est mis à mal par Louis XIV.

Le jeune Pierre Bayle est d’abord envoyé dans une école calviniste à Puylaurens, puis au collège des jésuites de Toulouse en raison de la disparition dans la région d’institutions protestantes convenables pour son éducation. L’importance des controverses religieuses dans les livres de l’époque et la force de conviction dialectique des protagonistes du débat à Toulouse le conduisent à abandonner le protestantisme pour le catholicisme. Après avoir commis le pire péché qui soit pour le fils d’un pasteur calviniste persécuté, il se rachète aux yeux de sa famille par une seconde conversion, quelques mois plus tard, en abandonnant (semble- t-il de nouveau sur la seule base de considérations intellectuelles) le catholicisme pour revenir au protestantisme.

Par son second changement de religion, Bayle devient, techniquement, un « relaps », c’est-à-dire un individu à nouveau hérétique après avoir abjuré ses hérésies, et donc exposé à de sévères peines dans la France de Louis XIV (tels le bannissement et l’emprisonnement). Pour sa protection et sa réintégration dans le monde calviniste, Bayle est envoyé en 1670 à l’université de Genève, où il achève ses études de philosophie et de théologie. Profondément endoctriné en faveur de la philosophie cartésienne par les philosophes de cette université calviniste, il revient clandestinement en France en 1674 et devient précepteur à Paris et Rouen. Il rend alors fréquemment visite aux Basnage, une éminente famille protestante rouennaise, et fréquente souvent le salon de Justel à Paris, où il rencontre l’évêque Huet. En 1675, Bayle concourt pour le poste de professeur de philosophie à l’académie de Sedan (dernière institution protestante d’enseignement supérieur en France), qu’il obtient en tant que protégé du très orthodoxe théologien Pierre Jurieu – qui deviendra son ennemi le plus acharné.

De 1684 à 1687, Bayle publie et édite les Nouvelles de la République des Lettres, dans lesquelles il recense et commente des livres de toutes sortes. Son jugement aiguisé fait bientôt de lui une des figures centrales de la communauté intellectuelle et l’amène à entrer en relation avec des figures de premier plan comme Leibniz, Malebranche, Arnauld, Boyle et Locke. En 1686, il publie l’une de ses œuvres magistrales, le Commentaire philosophique sur ces paroles de Jésus-Christ, Contrains-les d’entrer. En 1693, la carrière universitaire de Bayle prend fin avec le renvoi de son poste à Rotterdam – ce qui lui offre le temps nécessaire pour s’occuper de son Dictionnaire historique et critique et des controverses qui suivront.

L’esprit qui imprègne le Dictionnaire est déjà à l’œuvre bien avant sa rédaction. Bayle a en effet compilé pendant des années les erreurs qu’il a identifiées dans divers travaux historiques. Et sa lettre de 1675 à Minutoli fait apparaître qu’il est alors déjà sérieusement intéressé par le scepticisme. Ses conférences de Rotterdam montrent qu’il se consacre à l’analyse et à l’attaque de toutes sortes de théories – attitudes critiques et sceptiques qui fusionneront dans le Dictionnaire.

La première édition paraît en 1697 et rencontre un grand succès. Attaqué par Jurieu1 et porté par sa coterie à l’attention du consistoire de l’Église française réformée de Rotterdam, l’ouvrage est également interdit en France – événements qui contribuent sans doute à sa notoriété et à sa popularité. De plus, Bayle est soulagé par l’interdiction du Dictionnaire en France car elle lui permet d’échapper à l’accusation de ne pas avoir été suffisamment pro-protestant et anti-catholique. Dès l’achèvement de la première édition du Dictionnaire, Bayle travaille à la deuxième en ajoutant de nombreux articles et remarques, répondant aux nombreuses critiques reçues – ce qui augmente le texte de deux millions de mots.

Bayle ne se contente pas de reprendre le problème sceptique classique de la connaissance et de perpétuer la tradition initiée par Montaigne afin d’attaquer les nouveaux dogmatiques – Descartes, Hobbes, Spinoza, Malebranche et Leibniz. Dès que l’« incomparable » Isaac Newton fait son apparition, Bayle l’attaque également2. Aussitôt les théories de John Locke publiées, il se met au travail. Et quand, dans l’article « Rorarius », Bayle exprime sa satisfaction face aux efforts que déploie son ami Leibniz pour lui répondre, c’est principalement parce que la théorie de l’harmonie préétablie du philosophe allemand lui offre une nouvelle occasion de mener une analyse destructrice3.

La stratégie générale de Bayle est de réduire à néant toute théorie sur la base de ses propres thèses, qu’elle soit métaphysique, théologique ou scientifique. Pour ce faire, il s’appuie davantage sur les sections antimétaphysiques des écrits de Sextus que sur les premières sections épistémologiques. Quel que soit le sujet débattu – les âmes des bêtes, la physique newtonienne, la nature de la matière ou de la vérité –, s’ensuit toujours le même résultat perturbant : chaque fois que Bayle examine une théorie pour souligner les conséquences logiques de ses hypothèses, surgissent de toute part problèmes, questions et doutes.

Lorsqu’on l’adopte suffisamment longtemps, cette approche met en évidence le triste fait que toute entreprise rationnelle contient toujours le principe de sa propre perte. Ce qui semble au premier abord être un bon moyen d’expliquer quelque chose devient rapidement le meilleur moyen de sombrer dans la perplexité. Toute entreprise rationnelle, en quelque domaine que ce soit, conduit au pyrrhonisme, au scepticisme intégral. Dans l’article « Uriel da Costa » (rem. G), Bayle résume ainsi la déplorable situation intellectuelle de l’homme : « Il n’y a personne qui, en se servant de la Raison, n’ait besoin de l’assistance de Dieu ; car, sans cela, c’est un guide qui s’égare : & l’on peut comparer la Philosophie a des poudres si corrosives, qu’après avoir consumé les chairs baveuses d’une plaie, elles rongeroient la chair vive, & carieroient les os, & les perceroient jusqu’aux mouelles. La philosophie réfute d’abord les erreurs ; mais, si on ne l’arrête point là, elle attaque les véritez: &, quand on la laisse faire à sa fantaisie, elle va si loin, qu’elle ne sait plus où elle est, ni ne trouve plus où s’asseoir. »

Dans la Théodicée, Leibniz décrit un débat avec son ami Bayle : lorsqu’un penseur propose une affirmation, Bayle l’analyse et la questionne jusqu’à ce que son interlocuteur finisse par l’abandonner et affirme la chose opposée, affirmation à laquelle Bayle fait subir le même sort, et ainsi de suite à l’infini ; son analyse critique se poursuivant tant qu’il reste un adversaire pour affirmer quelque chose4. Dans chaque cas, ce qui intéresse Bayle n’est pas simplement de contester la théorie concernée, mais qu’occasion lui soit ainsi donnée de généraliser son attaque à toute théorie et montrer les abysses inévitables auxquels conduit toute entreprise intellectuelle humaine.

L’histoire de l’humanité n’est pour Bayle que l’histoire des mensonges et des malheurs de la race humaine. L’article sur le roi David est une illustration frappante des misères causées par une figure religieuse majeure. Si Bayle présente l’histoire de la manière la plus négative qui soit, il souligne, pour désarmer par avance ses critiques, ne rien inventer et respecter le texte biblique. À la fin de sa présentation, l’ancien roi israélite est entièrement discrédité et condamné, entre autres crimes, pour meurtre et agression sexuelle. De même, si l’on était parfaitement honnête, suggère Bayle, il faudrait considérer comme barbare et immoral le monde des patriarches bibliques et juger de la même façon l’histoire séculière des hommes des temps anciens à nos jours. Tout cela vient à l’appui de sa thèse selon laquelle une société d’athées pourrait bien être plus morale qu’une société de croyants.

Son « Éclaircissement » sur l’athéisme renforce la position de Bayle : il y affirme ne pas connaître d’athées immoraux ; mais si ses lecteurs ont des informations à ce sujet, qu’ils aient la gentillesse de les lui envoyer et il les considérera. Débute ensuite l’exposé de sa thèse de l’existence sur terre d’une société d’athées qui se porte bien mieux que n’importe quelle société européenne. Exploitant les récits sur la Chine parvenus en Europe, Bayle accepte l’idée que cette société soit à la fois athée et bien plus stable et morale que n’importe quelle société européenne. En prenant la Chine pour modèle, Bayle insiste sur l’idée que toute société structurée par la religion est destinée à souffrir tôt ou tard d’intolérance, de persécutions, de guerres, de schismes et de tous les maux de l’humanité. Son plaidoyer pour une société athée pourrait être vu, à la manière des Lettres persanes et d’autres ouvrages de l’époque, comme un miroir tendu à l’immoralité de l’Europe. Mais ce plaidoyer revient peut-être plutôt à affirmer pleinement que la moralité est indépendante de la religion et qu’il y a quelque chose dans la religion qui l’oppose à la morale. Cette idée suggère, du même coup, qu’on pourrait trouver des principes moraux qui ne soient pas sapés par un raisonnement sceptique5. Cet aspect de la pensée de Bayle – la séparation de la morale et de la religion – va devenir particulièrement important chez les Lumières françaises, anglaises et américaines.

Les écrivains du XVIIIe siècle n’auront de cesse de faire des arguments de Bayle l’« arsenal des Lumières », amenant ainsi des changements monumentaux dans le monde intellectuel. Beaucoup de philosophes6 et de figures du XIXe siècle s’intéressant à l’histoire intellectuelle admettent que, puisque Bayle a fourni à l’« Âge de la raison » tant de munitions contre les théologiens et les métaphysiciens non éclairés, il devait aussi partager les conceptions avant-gardistes des Lumières – faisant de lui un précurseur des tendances irréligieuses, empiriques et scientifiques qui devaient détruire l’idéologie de l’Ancien Régime. Mais si Bayle a bien fourni aux Lumières l’arsenal que ses partisans vont user contre tous leurs opposants, il ne se fait aucune illusion pour sa part sur ce que la raison humaine peut accomplir.

Bayle affirme constamment le caractère inadéquat et incohérent des entreprises intellectuelles humaines, la nécessité de se tourner vers un guide différent – la foi et la Révélation – et l’idée que la meilleure image de la vie chrétienne est celle, érasmienne, dans laquelle l’étude pieuse constitue le but de la vie. Si, comme je le pense, il s’agit bien là de ce en quoi Bayle croit, alors il a certainement été mal compris par les penseurs des Lumières, qui ont fait de ses attaques destructrices la défense d’une nouvelle théologie – le scientisme – qui ne s’avérera pas plus cohérente ni plus adéquate que les conceptions auxquelles Bayle avait ôté leurs prétentions et leur gloire.

Les sceptiques du XVIIe siècle sapent la révolution cartésienne pour préparer le terrain à une philosophie et à une science sans métaphysique. Mais l’attaque totale de Bayle, contre tout ce qui se dit et se fait, porte le scepticisme à son ultime extrémité : il sape tous les efforts intellectuels humains, ramène l’héritage de la nouvelle philosophie et de la nouvelle science à une pagaille incohérente et révèle que toutes les approches de n’importe quel problème peuvent très vite apparaître dénuées de sens et incohérentes. Pour Bayle, le problème n’est pas seulement la structure interne de la théorie cartésienne de la connaissance, mais l’irrationalité fondamentale du monde de Dieu – irrationalité qui se manifeste dans tous les efforts de théorisation que nous entreprenons. Chaque théorie et chaque solution, montre Bayle, finissent par aboutir à des contradictions, des absurdités et des paradoxes. Seul un nouveau guide – la foi et la Révélation – pourra sortir l’homme de ce bourbier. Mais cette foi, Bayle ne la trouve, comme Bunel, que dans la vie paisible de celui qui se consacre sans relâche à l’étude plutôt que, à l’exemple du chevalier de la foi des textes de Kierkegaard, dans une vie entièrement dévouée à la religion.

Il semble cependant y avoir un point où il suspend son scepticisme et adopte des conceptions morales positives. Bayle a en effet été considéré comme le père de la tolérance moderne, en particulier pour son premier ouvrage, le Commentaire philosophique, où il plaide contre la persécution catholique des huguenots en défendant le droit de tout un chacun à ses propres convictions. Il expose une doctrine des droits de la conscience errante : tant qu’on croit quelque chose en conscience, on doit être autorisé à entretenir cette croyance. Fonder sa foi sur sa conscience est une conception calviniste fondamentale, contrairement au fait d’accepter une autorité comme règle de sa foi. Bayle a donc quelques raisons de prétendre que son analyse est conforme aux conceptions de Calvin et de ses partisans.

Mais il soutient également l’impossibilité de distinguer les consciences égarées de celles qui ne le sont pas. Par conséquent, toutes les conceptions doivent être tolérées. Cette perspective est plus radicale que celle de John Locke puisque, dans le premier livre de son Commentaire philosophique, Bayle juge tolérables toutes les conceptions philosophiques et religieuses. Dans le deuxième volume, il se heurte aux croyances qui impliquent la destruction des autres. Si une conscience égarée en vient à croire que toutes les personnes rousses devraient être éliminées, doit-on lui permettre d’entretenir cette croyance et d’agir en conséquence ? La position de Bayle est très proche de celle qui sera envisagée par John Stuart Mill un siècle et demi plus tard : toutes les pensées peuvent être tolérées mais pas toutes les actions. Et si les pensées conduisent à des actions, il peut être nécessaire de poser certaines restrictions sociales et publiques. Bayle a commencé à élaborer une sorte de morale naturelle positive, qui doit être protégée contre ceux qui pourraient vouloir la détruire. Cette idée apparaît avec force dans une affirmation qu’il n’a eu de cesse de soutenir : une société d’athées pourrait être plus morale que toutes les sociétés chrétiennes, qui furent, de l’Antiquité à nos jours, peuplées d’individus malfaisants, corrompus, sexuellement dépravés, menteurs et tricheurs. Telle qu’il la présente, l’histoire du christianisme renvoie l’image terrible d’une profonde inhumanité de l’homme envers l’homme. Et, telle qu’il la dépeint dans son article sur le roi David, la société religieuse de l’Israël antique est, à certains égards, encore pire.

Comme un complément à cette thèse, Bayle discute de quelques athées, dont Diagoras et Spinoza, qui ont mené des vies exemplaires, aidant leurs semblables sans montrer aucun signe du terrible comportement des individus religieux. L’article sur Spinoza est de loin le plus long du Dictionnaire. Il y a beaucoup à apprendre sur le véritable message qu’y exprime Bayle, qui s’est donné beaucoup de mal pour découvrir les faits réels de la vie du philosophe d’Amsterdam. Il a lu le manuscrit d’une biographie (disparue depuis), interrogé les personnes ayant connu Spinoza et remis en question son hagiographie. Un ouvrage circulant à l’époque, La Vie de M. Spinoza (attribué à un huguenot du cercle de Spinoza, Jean-Maximilien Lucas), présente une biographie du philosophe sur le modèle de la vie des saints. Deux éléments sont supposés révéler la profondeur de sa spiritualité : avoir décliné un poste à la grande université de Heidelberg au motif que, s’il avait exprimé ses positions, l’université aurait subi des pressions pour le faire taire, ce qu’il aurait refusé au nom de sa liberté de conscience ; ensuite, alors qu’il est accusé d’être en contact avec le prince de Condé (grand ennemi de la République néerlandaise pour avoir conquis les Pays-Bas en 1672 pour Louis XIV), avoir refusé de répondre à son invitation au motif d’être trop occupé à philosopher pour s’occuper des affaires du monde.

Sur le poste à Heidelberg, Bayle retrouve la trace de personnes impliquées dans l’affaire, selon qui le « noble » refus de Spinoza vient après que l’offre a été suspendue, les autorités ayant été dans l’intervalle mises en garde à son propos. Concernant l’invitation de Condé, Bayle retrouve des témoins, dont un libraire faisant commerce en face des quartiers du prince à Utrecht, où il aurait vu entrer Spinoza. Immobilisé pendant six semaines par une jambe cassée, Condé avait fait chercher Spinoza parmi d’autres gens intelligents avec qui converser. Ainsi le chirurgien du prince rapporte-t-il à Bayle avoir vu Spinoza venir chaque jour. De plus, dans l’édition anglaise de la biographie de Condé rédigée par Pierre Coste, l’ami de Bayle et secrétaire de Locke, il est clairement affirmé que Spinoza a rendu visite au prince. En outre, même si Spinoza a toujours raconté ne pas avoir rencontré Condé, il serait apparemment revenu d’Utrecht avec beaucoup de cadeaux. Enfin, selon Pierre Desmaizeaux, l’éditeur de Bayle, qui a rencontré des membres de l’entourage du prince, celui-ci aurait offert à Spinoza un poste à Paris, dont le philosophe néerlandais aurait discuté avec des amis avant de finalement décider de ne pas accepter l’offre.

Tout en cherchant à détruire l’image de Spinoza fondée sur ces « preuves » de « noblesse »7, Bayle le présente comme une personne au-delà de tout reproche, un athée n’ayant jamais commis de faute morale. Si sa vie est bien celle d’un athée, elle est pour Bayle empreinte de pureté et de sainteté. Et ce qu’il loue le plus chez Spinoza est d’être le premier penseur moderne à faire de l’athéisme un système.

Bayle transmettra son scepticisme aux avant-gardes du XVIIIe siècle et ses volumes in-folio seront étudiés par la plupart des philosophes et des théologiens. Le plus sceptique d’entre eux, l’écossais David Hume, partira écrire, dans le collège des jésuites de La Flèche, ce chef-d’œuvre sceptique qu’est son Traité de la nature humaine avec huit volumes de Bayle dans ses bagages. Il se penchera sur leurs arguments, les modernisera et, surtout, les extraira de leur cadre théologique. Bayle affirme détruire la raison pour faire place à la foi. Après avoir présenté une série d’arguments sceptiques dans ses Dialogues sur la religion naturelle, Hume fera déclarer à son porte-parole que, pour un homme de lettres, avoir une philosophie sceptique est la première et plus essentielle étape pour devenir un vrai chrétien. Aucun des contemporains de Hume ne prendra cette confession de foi au sérieux. Et ceux qui le connaissent sont sûrs qu’il ne deviendra jamais un vrai chrétien mais plutôt, comme ils le qualifient, « le grand infidèle ». Le scepticisme va alors se dégager du cadre théologique des siècles passés pour devenir une pure critique de la raison humaine.

Richard H. Popkin

Extrait d’Histoire du scepticisme. De la fin du Moyen Âge à l’aube du XIXe siècle (Agone, 2019).

1. Les idées de Jurieu à propos du Commentaire philosophique et leur rôle dans sa controverse avec Bayle apparaissent dans Apologie du Sr. Jurieu (La Haye, 1691), Courte revue des maximes de morale et principes de religion de l’auteur des pensées diverses sur les comètes, & de la critique générale sur l’histoire du Calvinisme du P. Maimbourg (n.p., n.d., sans doute 1691) et dans Le Philosophe de Rotterdam (Amsterdam, 1706).

2. Sur Newton, lire les articles de Bayle «Leucippus» (rem. G) et « Zénon d’Élée » (rem. 1). Locke est discuté dans plusieurs articles, spéc. « Dicaerchus » (rem. M), « Perrot » (rem. L), « Rorarius » (rem. K) et « Zénon d’Élée » (rem. 1). (Dictionnaire historique et critique, Rotterdam, 1697).

3. Ibid., art. « Rorarius » (rem. H et L).

4. Gottfried Wilhelm von Leibniz, Essais de théodicée sur la bonté de Dieu, la liberté de l’homme et l’origine du mal, Amsterdam, 1710, p. 547.

5. Des commentateurs comme Antony McKenna et Gianluca Mori ont donné de Bayle l’image d’un sceptique complet en épistémologie et en métaphysique et d’un moraliste dans les affaires humaines – position qu’on observe déjà chez Montaigne, Charron et La Mothe Le Vayer. Lire, par exemple, « Le retour des sceptiques », dossier Le Magazine littéraire (janvier 2001, n° 394) et Élisabeth Labrousse, Pierre Bayle, La Haye, 1963.

6. En français dans le texte. [ndt]

7. Les efforts de Bayle pour détruire l’hagiographie de Spinoza n’ont toutefois pas été (selon Desmaizeaux) couronnés de succès : le refus du poste d’Heidelberg comme la non-visite au prince de Condé continuent d’être racontés dans les livres d’histoire malgré les tentatives de Bayle pour les réfuter. Voir Pierre Desmaizeaux in Pierre Bayle, Lettres de M. Bayle, Amsterdam, 1729.