Vingt ans plus tard, Le Seuil participe à la première grande opération de sauvetage de l’indépendance éditoriale française. Après la déconfiture de Jean-Marie Messier, la dépouille du lot éditorial français de Vivendi Universal avait fait l'objet d'une reprise « patriotique » d'Hachette avec le soutien du président Jacques Chirac, proche de son patron, Jean-Luc Lagardère. C'était inacceptable. Le dernier carré des « grands éditeurs indépendants français » s’organisait en lobby pour partir à l’assaut de « Bruxelles », chacun appuyé sur sa banque dans l’espoir de repartir avec un morceau de la dépouille. Mais c'est le fonds d'investissement du baron Ernest-Antoine Seillière qui décroche le marché [1]. Pour ne pas repartir sans rien, Hervé de La Martinière prépare en douce avec la revente du Seuil avec son président, Claude Cherki – ce qui fera de l'un le patron du troisième groupe d’édition français et de l'autre un riche retraité [2].

Jusqu'au milieu des années 2010, Seuil ne connaissait toujours pas la crise : les deux frères Alain et Gérard Wertheimer (Chanel) compensaient généreusement tous les ans les déficits du groupe qu’ils laissaient diriger par Hervé de La Martinière, leur nouveau patron. Quand se lasseront-ils ? La réponse est tombée le 21 septembre 2017 : « Les Wertheimer en ont ras la casquette des gouffres toujours recommencés d’Hervé de La Martinière [3]». Son groupe (CA 2016, 206 millions d’euros, cinq cent salariés) est donc « en position d’être vendu » à Média-Participations (CA 2016, 355 millions d’euros, mille salariés). Ce « rapprochement du cinquième acteur du secteur et du septième groupe français » suit (bien sûr) pour les deux patrons une logique de « complémentarité » et constitue (bien sûr) pour Hervé de La Martinière « une solution à la fois pérenne et prometteuse » ; ces deux groupes ayant, selon lui, « depuis longtemps une vision internationale similaire » – laquelle ? celle qui lui a permis d’« ’augmenter significativement » le chiffre d’affaire de son groupe en rachetant une maison d’édition américaine [4]. On comprend qu’on se réjouisse aux Échos de cette opération de « consolidation » en donnant la liste des prochaines maisons qui vont devoir se consolider : « Viviane Hamy, Héloïse d’Ormesson, Liana Levi, ou encore Sabine Wespieser », au point que « même Albin Michel devra se poser la question ». Du côté de Mediapart, on s’inquiète pour Le Seuil, cet « éditeur personnifiant la gauche française si longtemps triomphante »… « Étiqueté catholique de droite », Média-Participations a été fondé par Rémy Montagne, qui s’illustra en 1958 lorsque, alors député, il agrémenta les débats à l’Assemblée nationale sur la loi Veil de « quelques-unes des énormités du moment tendant à lier l’avortement aux génocides du IIIe Reich ». Mais tout ça c’est du passé. Le groupe a été créé en 1985 « avec l’argent de sa femme (née Michelin), l’apport de familles patriciennes belges », l’aide de Claude Bébéar (Axa), et c’est son fils qui le dérige depuis 1991 : Vincent Montagne, devenu le « roi de la BD » (avec le rachat de Dargaud en 1988 et de Dupuis en 2004) [5]. Successeur d’Antoine Gallimard en 2012 à la tête du Syndicat national de l’édition, le futur patron du troisième groupe d’édition français déclare d’ailleurs, une main sur le cœur : « Notre volonté est clairement de préserver l’identité éditoriale de chaque maison. C’est là la prunelle de nos yeux [6]. » Il est trop tôt pour savoir à quelle hauteur Vincent Montagne évalue la prunelle de ses yeux, mais sa dernière action présidentielle et patronale fut de s'aboucher avec Amazon en plein milieu du Salon du livre de Paris, au grand dam des libraires qui survivent en vendant les livres qu'édite encore Le Seuil [7].

Le catholicisme de gauche est-il anticapitaliste ?

Avant leur rachat par La Martinière, les éditions du Seuil représentaient la « grande tradition catholique de gauche », comme le clamait Claude Cherki lui-même peu après sa nomination au poste de PDG : cette entreprise « cultive un certain nombre de valeurs sociales et éthiques » [8]. Malgré la revente en sous-main des meubles à Chanel, il doit bien en être resté quelque chose. Par exemple la possibilité d’éditer un titre-sommation comme Pour sauver la planète, sortez du capitalisme.

En juin 2009, son auteur, Hervé Kempf, était invité à une « carte blanche » organisée par le « Repaire Là-bas si j’y suis » de Marseille. Après la conférence, qui s’est bien déroulée, dont tout le monde semble satisfait, une discussion informelle s’engage entre les spectateurs et l’auteur, qui se montre, de surcroît, bien sympathique. On lui demande, puisqu’il en appelle, sabre au clair, à « sortir du capitalisme », pourquoi il n’a pas choisi un éditeur indépendant ? Hervé Kempf n’aime pas beaucoup la question. Il bouillonne. Et commence par accuser son interlocutrice de purisme. Il s’échauffe tout seul. Le ton monte. L’auteur explique qu’il voulait toucher le maximum de gens possible et que les petits éditeurs n’ont pas la force de diffusion du Seuil, qui est aussi un bon éditeur ; en plus, c’est son directeur de collection, Jean-Claude Guillebaud, qui l’a sollicité, avec qui il entretient une relation privilégiée et qui suit son travail avec beaucoup d’attention – pour preuve, celui-ci aurait même accepté de changer la couleur d’une couverture qui ne lui plaisait pas. Fin du dialogue.

Peut-être y a-t-il eu quiproquo ? D’ailleurs, le titre du livre d’Hervé Kempf n’est pas « Sortons du capitalisme » mais bien « Sortez du capitalisme » : « Pas moi, vous ! Moi, c’est trop tard… » Lui, il est « né en 1957. Génération comblée ». Son père est né « en 1920. Génération écrasée ». Son « premier enfant est né en 1984. Génération incertaine » [9] C’est un livre qui s’adresse aux générations futures. Voilà pourquoi il n’interpelle les plus de cinquante ans que dans la mesure où ils peuvent convaincre les moins de cinquante ans qui les entourent de sortir du capitalisme. Sachant que l’ensemble des postes de pouvoir, économique et politique, sont essentiellement tenus par les plus de soixante ans, on peut regretter que cette adresse aux « générations incertaines » limite l’efficacité du message. D’autant qu’Hervé Kempf s’est donné les moyens de toucher « le maximum de gens possible ». D’abord grâce à la force de diffusion de son éditeur. Ensuite par ses choix d’auteur : une sorte de récit enlevé, à la première personne, où il parle beaucoup de lui. C’est « grand public », écrit gros, court (150 pages) et sans notes – mais l’auteur donne en fin d’ouvrage une liste de dix-huit pages de bibliographie à toutes fins utiles pour celles et ceux qui voudraient se faire une idée un peu précise des sujets survolés. Difficile de prendre Hervé Kempf en défaut : il ne rate pas une seule des vagues les plus surfées par l’altermondialisme de ces vingt dernières années. Antinucléaire, anticonsumériste, implacable avec l’individualisme, l’égoïsme, le fétichisme et la « névrose des marchés », il déplore la « perte du lien social » et la « privatisation de l’espace public » ; dubitatif devant le « mirage de la croissance verte », il n’a pas de mots assez durs pour les producteurs pétroliers et les destructeurs de forêts ; enfin, il pousse l’audace jusqu’à en appeler à la coopération contre le despotisme. Surtout, il s’évertue à distinguer le capitalisme, qui « veut tuer la société », du libéralisme, qui « vise à émanciper les personnes ». Pour l’auteur, avec l’économie de marché, tout allait bien jusqu’à ce que, devenue la seule façon d’exprimer les relations sociales, elle participe au « processus d’aliénation généralisée ». Par exemple dans la grande distribution. À quel problème vital Hervé Kempf s’attaque-t-il exactement ? Et quelle solution radicale suggère-t-il ? Dans les supermarchés, « on tend à remplacer les caissiers et caissières par des machines. […] Ainsi sera supprimé l’ultime vestige du caractère essentiel de l’échange mercantile – deux personnes qui se parlent [10] ». Prions pour que les supermarchés où Le Seuil peut vendre en masse ses livres (grâce aux accords signés depuis 2007 entre son distributeur et celui d’Editis) aient gardé leur personnel. Afin qu’aux caisses les employés puissent parler entre eux et avec les clients des conseils dispensés par Hervé Kempf pour les aider à sortir – caissiers et caissières, clients et clientes – du capitalisme.

Comme tous les automnes tombent les feuilles. Une grosse année plus tard, Hervé Kempf sort un nouveau libelle, cette fois contre l’« oligarchie » et pour que « vive la démocratie » [11]. Celles et ceux qui avaient aimé le précédent aimeront le suivant – c’est écrit gros, c’est court, etc. Toujours aussi implacable, le pamphlétaire s’est toutefois gardé de diriger sa charge sauvage sur la brochette d’« oligarques » qui se sont succédé à la direction du quotidien dont il était l’employé. Le conseil de surveillance du « holding de tête du Monde », bien qu’orphelin d’Alain Minc, en avait pourtant conservé de beaux spécimens : l’homme d’affaires multimillionnaires Pierre Bergé, le banquier Matthieu Pigasse et Xavier Niel (alors patron d’Iliad et dix-huitième fortune de France [12]) ; qui comprend aussi, par exemple, Arnaud Lagardère et François Pinault. Rien n’arrête Hervé Kempf : toujours aussi radicalement écologique, il critique le développement durable en citant l’un de ses apôtres, le consultant pour l’industrie automobile Pierre Radanne ; puis il adresse aux militants habillés de vert des mises en garde appuyées sur les propos de l’ex-vice-président étatsunien Al Gore, humble apôtre du capitalisme de la même couleur. Le même fonds de commerce a donné à l’auteur l’occasion de patauger sans risque dans le même consensus. Et aux mêmes militants altercapitalistes de France et de Navarre celle de mener la même campagne sans conséquences.

Ce n’étaient pas les premiers brûlots anticapitalistes qu’Hervé Kempf confiait au Seuil, maison propriété du groupe Chanel comprenant, entre autres, les couverts Guy Degrenne, les montres Bell & Ross, les fusils de chasse Holland & Holland et les maillots de bain Eres. Son précédent avait pour titre Comment les riches détruisent la planète. La famille Wertheimer est bien bonne de le laisser publier de telles insanités dans une maison d’édition dont elle possède la plus grande partie du capital.

Au Seuil, le libéralisme de toujours, c’est un peu l’esprit maison. Et le directeur de collection qui a édité une partie des œuvres d’Hervé Kempf en est l’un des emblèmes : Jean-Claude Guillebaud n’a-t-il pas initié, en 1984, « Vive la crise ! » ? Cette série télévisuelle – qui aurait aussi bien pu s’appeler « Entrons dans le capitalisme » – s’inspirait du Pari français de Michel Albert (édité par le même Guillebaud dans la même collection du Seuil). Et Yves Montand en était le porte-voix. Il s’agissait alors d’accompagner l’électorat français dans la conversion du socialisme de gouvernement au « capitalisme libéral » [13]. Trois ans plus tard, le même Guillebaud s’associait cette fois à Daniel Leconte pour une émission sur « La France paresseuse », où l’on retrouvait le même Michel Albert, mais aussi Jacques Julliard et Alain Minc, entre autres « libéraux » plus ou moins nouveaux. Inspirée d’un livre du patron Victor Scherrer, publié dans la même collection chez le même éditeur, l’émission accuse « les Français » de ne pas travailler assez, pénalisant « la France » dans la compétitivité internationale. « Le privilège de la paresse chez les uns crée le chômage chez les autres » : les animateurs se succèdent pour accuser la réduction du temps de travail avec des accents qui rappellent moins la présidence contemporaine de François Mitterrand que la campagne plus récente de Nicolas Sarkozy contre les trente-cinq heures.

Ancien journaliste à Sud-Ouest puis au Monde, éditorialiste au Nouvel Observateur et à La Vie (catholique), animateur TV, essayiste, membre du conseil de surveillance du groupe éditorial et de presse Bayard (catholique), cofondateur d’Arléa, une maison satellite du Seuil, Jean-Claude Guillebaud remplissait pour ce dernier les fonctions de conseiller littéraire et de directeur de collections depuis 1978. Suivant les traditions du servage, Guillebaud a été bradé avec les murs : il demeure directeur littéraire, mais désormais aux Arènes, maison qui s’est installée en 2010 dans les locaux d’origine du Seuil, au 27, rue Jacob (Paris 6e). Ces translations donnent quelques indices sur les mouvements du champ éditorial.

Des livres noirs aux livres de cœur

On a vu la trajectoire éditoriale de Jean-Claude Guillebaud. Voyons celle de « Laurent Le Magnifique », comme la presse qualifie le patron des Arènes [14]. Suivant la légende alimentée par l’intéressé, Laurent Beccaria aurait été un « beau bébé Cadum » et sauvé par miracle à l’âge de neuf ans ; il aurait quitté coup sur coup Stock et Plon parce qu’on lui aurait refusé l’édition de « dérangeantes révélations » ; il se tiendrait « toujours droit » et porterait « des chemises parme ou bleu pâle bon chic bon genre, dégrafées sur deux boutons » ; il aurait tout plaqué au début d’un été pour embarquer avec son épouse et « leurs quatre filles dans un voyage improvisé de six mois au Mali puis en Asie » ; il aurait envoyé à Eva Joly le « plus beau bouquet de fleurs qu’elle ait jamais reçu »… Si de tout cela rien n’est sûr, Beccaria est en revanche un bon client pour la presse, qui reste fidèle à ses mises en scène. « Chrétien pratiquant. N’a jamais voté à droite. Catholique de gauche » dans la solide tradition rigoriste du Seuil, Beccaria serait un « produit de la reproduction sociale » qui ne s’en cache pas (ses parents ont fondé le secteur jeunesse de Bayard). En même temps, il prendrait ses origines à contre-courant, avec un goût pour le « “livre noir” de ceci et de cela », un trublion, franc-tireur, une personnalité riche, complexe, insaisissable. D’un côté, il aurait « horreur des conférences de rédaction, “conclaves de quelques habitants de trois arrondissements parisiens qui croient tout comprendre de l’avenir du monde” » et il aurait « claqué la porte du Centre de formation des journalistes (CFJ) au bout de trois mois – “C’était monstrueux, ce formatage de la pensée, de l’écriture” » ; de l’autre, 40 % des auteurs des Arènes sont des journalistes pour l’essentiel issus des « trois arrondissements parisiens » – où est installée la maison d’édition.

Pour parler de la ligne éditoriale des Arènes – qui va du Fabuleux Album d’Amélie Poulain au témoignage d’une mère sur la mort de son enfant à celui d’une fille sur son « père en Alzheimer », en passant par la délinquance internationale, l’impérialisme occidental et « 300 dessins inédits pour découvrir qui est votre chat » –, Le Nouvel Observateur se satisfait d’un poncif : « un cabinet de curiosités ». Pourtant, de curiosités, ce cabinet en manque beaucoup : en 2011 la veine des « cahiers d’écolier » occupait un livre sur dix et la rubrique « Nostalgies » composait 20 % du catalogue, enrichi par exemple des Brèves de blog de Pierre Assouline. En étant un peu plus curieux, on doit remarquer que, si on a toujours mélangé les genres aux Arènes, on n’y a pas toujours seulement fait en petit comme les « grands » : albums-cadeaux et quick-books aussi vite édités que vite (et beaucoup) vendus – et vite oubliés. Version moderne d’une production de livres sans véritables auteurs inaugurée par Hachette et sa « Bibliothèque des chemins de fer [15] » : sur les cent dix et quelques « auteurs » publiés par les Arènes au cours de ses quinze premières années, si on exclut les compilateurs (60 % du catalogue est composé d’albums), seuls cinq auteurs y ont publié plus de deux livres, et encore deux d’entre eux les signent mais ne les écrivent pas (Eva Joly et Hélie de Saint Marc).

Avant cette normalisation éditoriale (et biographique), les Arènes ont édité un Almanach critique des médias qui rassemblait la fine fleur radicale des journalistes partis sur le sentier de la guerre contre les médias dominants – un livre plus difficile à vendre que les deux tomes de Télérama, 60 ans ou le recyclage de l’émission « Le Masque et la plume » et d’autres produits déjà « reconnus ». De la première période de marketing à facettes datent, entre autres, les analyses par Sven Lindqvist de l’anéantissement des peuples autochtones et les réquisitoires de François-Xavier Verschave contre la Françafrique. Le rôle central de ce dernier dans la dénonciation des responsabilités françaises dans le génocide rwandais n’a semble-t-il pas nui à l’établissement de juteuses collaborations avec Le Monde – pourtant directement mis en cause dans ce dossier [16]. De même, l’édition des enquêtes de Denis Robert sur Clearstream fut bien utile pour établir la facette « engagée » de l’image des Arènes [17]. Si l’auteur fut vite lâché sur le champ de bataille (juridique) par son éditeur, aussitôt innocenté par la Cour de cassation, il lui offrait la réédition de ses enquêtes. Enfin, si Le Monde, après les huit ans de harcèlement judiciaire subi par le journaliste, se range aux côtés de la vertueuse multinationale luxembourgeoise de la finance [18], cela ne va pas perturber le programme de compilation en rafale des archives du quotidien vespéral par les Arènes : Les Grands Portraits, Les Grands Reportages et Le Procès de Jacques Chirac.

En 2014, Les Arènes publient un livre de Valérie Trierweiler qui va marquer la vie politique française pendant plusieurs semaines. On se souvient surtout depuis de Merci pour ce moment pour le chiffre des ventes, faramineux. Trois ans plus tard, c'est avec le livre « magique » de Peter Wohlleben, La Vie secrète des arbres, que Laurent Beccaria couvre d'affiches les gares françaises et le métro parisien. Plus récemment, l'éditeur retrouve la veine militante, mais sans bouder le succès, avec le dernier brulot de François Ruffin contre Emmanuel Macron – mais c'est une autre histoire…

Ainsi les Jallon, Guillebaud, Beccaria et consorts assurent-ils la continuité des collaborations au-delà des dernières grandes mutations de l’édition française. Même si le mot de « capitalisme », précédé d’« anti » ou suivi de « libéral » peut donner l’impression chez ceux-là qu’il s’agit plus d’une tendance dans les modes saisonnières que d’un concept issu de l’économie marxiste et nommant l’autre antagoniste de la lutte des classes.

Thierry Discepolo

Lire le premier volet, sur « Hugues Jallon : de La Découverte au Seuil, allers-retours ».

Extrait de La Trahison des éditeurs, Agone [2011] 2017.

Notes

[1] Nathalie Silbert, « Dossier Editis : Wendel Investissement en embuscade », Les Échos, 2 décembre 2003.

[2] Sur le rôle de Claude Cherki dans la cession du Seuil, lire Alain Salles, « Claude Cherki, président des éditions du Seuil, démissionne », Le Monde, 9 juin 2004 ; également « Cherki le magnifique », Tant qu’il y aura des tomes, Les Dossiers du Canard enchaîné, 2004, p. 28 ; sur le contexte, André Schiffrin, Le Contrôle de la parole, La Fabrique, 2005, p. 24 ; et sur les suites, Bruno Abescat et Yves Stavridès, « Derrière l’empire Chanel. La fabuleuse histoire des Wertheimer », L’Express, 4 août 2005, consulté le 14 mai 2010.

[3] Cité par Antoine Perraud, « Séisme dans l’édition : Le Seuil et La Martinière vont être vendus », Mediapart, 21 septembre 2017.

[4] Cités par Nicole Vulser, « Les éditions du Seuil vont être vendues à Média Participations », Le Monde, 21 septembre 2017.

[5] Véronique Richebois, « Mariage choc dans l’édition : Dargaud épouse le Seuil », Les Échos, 22 septembre 2017 ; Antoine Perraud, « Séisme dans l’édition… », art. cité.

[6] Cités par Nicole Vulser, « Les éditions du Seuil… », art. cité.

[7] Lire Christian Thorel, « Les noces d'Amazon et des patrons français de l'édition ».

[8] Alain Salles, « Claude Cherki, président des éditions du Seuil, démissionne », Le Monde, 10 juin 2004.

[9] Hervé Kempf, Pour sauver la planète, sortez du capitalisme, Seuil, 2009, p. 67-68.

[10] Ibid., p. 68-71.

[11] Hervé Kempf, L’Oligarchie, ça suffit, vive la démocratie, Seuil, coll. « L’histoire immédiate », 2011.

[12] « Les plus grandes fortunes de France. Palmarès 2010 », Challenges.fr.

[13] Sur le rôle de cette émission, lire Pierre Rimbert, « Il y a quinze ans, “Vive la crise !” », Le Monde diplomatique, février 1999.

[14] Sandrine Roudeix, « Laurent le magnifique », Le Nouvel Observateur, 3 mai 2010 ; également Édouard Launet, « Il passe le seuil », Libération, 1er juillet 2010 – les citations du paragraphe en sont extraites.

[15] Cette collection inaugure au milieu du XIXe siècle la standardisation de la production, alors déjà dénoncée par Hippolyte Taine, qui écrivait pour la « Bibliothèque des chemins de fer » en se plaignant de Hachette, qui « commandait des livres qu’il vendait par le sujet et le titre », ce qui le dispensait d’avoir besoin de véritables auteurs

[16] Laurent Beccaria eut toutefois la délicatesse de ne pas s’offusquer lorsque le quotidien du soir gagna avec panache sa dernière bataille contre Verschave avec une nécrologie honteuse. (Lire Daniel Sauvaget, « Décès de François-Xavier Verschave : nécrologies vindicatives », Acrimed.org, 6 juillet 2005.)

[17] Il faudrait analyser le caractère très peu politique (sinon comme participation au spectacle officiel) des « affaires » et « révélations » dont Denis Robert ou Dominique Lorentz se sont fait une spécialité aux Arènes, où l’un des livres de cette dernière est préfacé par le très révélateur Alexandre Adler (Affaires atomiques, 2001).

[18] Lire Marie-Anne Boutoleau, « Affaire Clearstream : Le Monde lave plus blanc » et « Denis Robert gracié par Clearstream ? Le condamné refuse », Acrimed.org, 25 août 2008 et Acrimed.org, 1er novembre 2008.