Ton article pour le ML est très sympa[1]. Je n’ai jamais publié de critique littéraire ni de recension, comme me le demandait Thierry [Discepolo], qui m’avait même proposé une chronique littéraire. Je ne peux pas ou je ne m’en sens pas capable. Peut-être parce que je n’ai pas vraiment essayé. Alors je réponds souvent par une pirouette… [2]

En tant que bon vieux soixante-huitard qui se respecte, j’ai toujours été influencé par la révolution allemande et je défends toujours en littérature la résolution du conseil des écrivains et des journalistes durant la commune de Bavière : indépendance absolue entre l’écrivain et le critique ! D’autant plus que le secrétaire de ce conseil n’était autre que le « grand M » – alias B. Traven (as-tu lu La Charrette ?) –, ce qui lui valut une condamnation à mort et, après la défaite de la République des Conseils, sa cavale aux USA et au Mexique. Tu en restes à la Charte d’Amiens (comme tu le dis si bien), j’en reste à mon conseillisme littéraire !

J’ai bossé Putain d’usine avec grand plaisir. Inutile de te le dire. Actuellement, Héléna [Autexier] intègre (ou non) mes propositions de réécriture. J’ai pensé qu’il fallait recentrer davantage et ne garder que le fil de ton seul témoignage. Par contre conserver le tract du 1er Mai des années 1970 (écrit avec un copain) ; et intégrer à ton texte (là où tu en parles) la partie du tract CGT de GP [Grande Paroisse] à la manif de Toulouse, etc. À mon sens, les autres annexes détournent l’attention – et, plus grave, placent le texte dans un genre qui n’est pas le sien. Pour l’accrochage d’Après la catastrophe à Putain d’usine, je préconise également la disparition de deux ou trois pages. Dans PU, tu décrivais déjà le matin à GP juste après l’annonce de l’explosion d’AZF, je pensais les ultimes pages de PU meilleures que les premières d’ALC… Pour les apports dans le texte lui-même, ils sont très minimalistes car ton style colle parfaitement à l’ambiance de l’usine, à la répétition des tâches, au vide de l’instant. Par moment, il est si désespéré… Le style est la musique accompagnant le récit. Plus encore, l’équilibre des mots constitue le lien unifiant les divers éléments (la destinée des héros et des personnages, l’époque et la situation, la vie quotidienne, l’environnement, la langue des gens, une certaine « âme littéraire »… Je dis ça à la manière de Tolstoï !)

Mon style change lorsque je décris des taulards au placard et encore lorsque je poursuis des guérilleros dans les sierras[3]. Pour les premiers, parfois un seul mot suffit à la phrase. Solitaire, il exprime l’ultime dénuement. Il ne se conjugue pas, il ne s’accorde pas. Il survit entre deux points comme nous survivons entre quatre murs… Quand le système a tout pris à l’individu. Quand le mot exprime le « Nous ne sommes rien » alors que le « Soyons tout » n’est plus un horizon visible. Pour les seconds, les phrases s’allongent d’un pas lent : comme leurs marches en espadrilles, le sac à l’épaule, le fusil à la main. Et pour le lyrisme – que certains boudent –, je n’ai rien à voir là-dedans : ce ne sont pas mes mots mais bien leur épopée brûlante qui incendie les pages. Le drame est trop classique pour la littérature actuelle ! Mais ces critiques restent aveugles à la différence d’altitude entre une époque héroïque « où tout se joue à chaque instant » et l’insipide puissance mille de nos jours si petits.

Ton style dans Putain d’usine colle si bien aux tours de refroidissement, aux vestiaires, aux permanences syndicales, aux jours sans vie, aux nocturnes occupations… En lui (pour ce qu’il est, pour ce dont il parle si bien) se réfutent nombres des arguments que tu exprimes sur la LP. Littérature oui, prolétarienne aussi, et indissociablement. Il n’y a aucun besoin d’école, de mouvement, de consécration… Ni même de la grande conscience révolutionnaire des ouvriers enfin éveillés ! Comme il serait trop con de la réduire au siècle passé, aux débats des années 1920, aux canons étriqués des modèles littéraires, aux syndicats des écrivains soviétiques, à la bonne conscience de quelques écrivaillons de l’après-guerre… La LP vit dans le combat quotidien de notre classe. Un point c’est tout. Et c’est déjà énorme, non ? Elle résiste. Et plus encore que par le passé. Car aujourd’hui les bourgeois ne reconnaissent même pas son camp. Ils nient (négation idéologique) tout ce qui s’oppose fondamentalement à eux – comme dans les prisons françaises, où il n’existerait plus de prisonniers politiques (reflets et produits vivants du combat et de sa permanence)…

La littérature prolétarienne a son mot à dire dans l’opposition irréconciliable entre l’acceptable et l’inacceptable, entre le toléré et le rejeté. La société de la pensée unique produit un ensemble littéraire en kit : de l’inspiration de l’auteur au cadre commercial de l’entreprise d’édition et des critiques (des semblables à l’inspiration similaire) aux chefs des rayons de supermarché. « Je vous l’emballe ou c’est pour consommer de suite ? »

La LP garantit le catéchisme des tranchées et des postes avancés. C’est pourquoi elle a reculé depuis le milieu des années 1970. Son écho dépend de la seule force (politique et culturelle) du prolétariat et des forces progressistes. Et nous savons ce qu’il en est depuis les grandes défaites révolutionnaires. Comment imaginer un courant de littérature prolétarienne à l’époque du « Front du travail » (ce projet nazi de l’unité des travailleurs du patron à l’ouvrier dont tu décris si bien l’avatar à l’AZF de l’après-catastrophe) ?

Avec la globalisation, les rapports d’exploitation et d’oppression (de production) se sont diffusés au plus profond de la société, écrasant et soumettant tous les autres rapports sociaux. Avec le néolibéralisme, soit tu es culturellement correct soit tu es confiné à la marginalité sous contrôle. Il n’y a plus de place pour l’écrivain à la double nature, bourgeoise et prolétarienne. Ils ont disparu. Ils ont été forcés de choisir ; contraints et forcés – contrairement à ce qu’on veut nous faire croire dans la dernière partie du livre d’Acratie sur la littérature prolétarienne[4].

« Trotski a dit… » C’était peut-être très judicieux quand il l’a dit mais ce n’est pas ce que nous vivons aujourd’hui. Oui, combattre. Combattre avec d’autres armes… « Des mots et des armes, ça tue pareil, il faudrait tuer l’intelligence des mots anciens avec des mots tout relatifs », chantait Léo. Combattre les patrons et les petits chefs comme les nouveaux chiens de garde. Combattre classe contre classe – « avec l’idée de les foutre sur la margoulette »…

Crois-moi, on s’en balance de l’étiquette « écrivain » ! Parce que j’écris et reçois quelques picaillons en retour, alors je suis un professionnel ? Ça change quoi ? Avec ce genre de questionnement, on détourne le problème. Je ne serais jamais bourgeois avec mes mots ; ou il faudrait que j’en change – comme on retourne sa veste… Tu me diras : « Toi tu l’as facile, ils t’ont dans le collimateur ! » D’accord. Je suis grillé. Et les gardes-chiourmes s’imaginent que je cherche à faire carrière d’auteur pour être ensuite « libéré pour notoriété littéraire ». Les cons ! Si je voulais sortir avec des mots, je caresserais les juges et les politiques avec les prières qu’ils réclament. Les mots du culturellement correct, je saurais leur faire. Et tout autodidacte que je sois je pourrais leur disséquer ma syntaxe au bistouri d’académicien pour leur arrondir des courbettes…

Mes témoignages carcéraux ou historiques ne sont pas grevés par le repentir et l’appel au renoncement. Ni acceptables par les administrations sécuritaires ni récupérables par les médias, comment deviendront-ils rentables, voire même vendables ? Par mes mots j’ai choisi de poursuivre le combat en témoignant contre la dictature qui se révèle dans la torture et la mort lente, cette réalité sociale qu’ils nient dans la loi et masquent dans la vacuité du spectacle.

Prenons un exemple : « La peine de mort a été abolie. » Si tu démontres que cette affirmation est un message idéologique, tu es maudit : « Priez pour saint Badinter, assis à la droite du bon Mitterrand. » Devant la société du total control qui s’accroche à la sacro-sainte liturgie du no-letal, je persévère, intolérable témoin, en dénonçant les souffrances et les assassinats légaux dans les prisons, leur développement depuis la loi contre la peine de mort et l’allongement consécutif des peines accomplies[5].

L’écrivain se rend inacceptable en témoignant de la réalité sociale comme on dégueule sur la table pendant le dîner. En dénonçant les complices passifs qui acceptent le spectacle sans se rebeller jamais. En montrant du doigt les satisfaits du rapport entre l’écrivain et son lecteur à tant d’euros la couverture.

Pour diversifier le marché, on met en scène un François Bon en écrivain ouvrier et un Gérard Mordillat en « écrivain près du peuple » : teinture d’âme prolétarienne sur fond de littérature conformiste… La comédie de la fausse liberté et de l’ersatz impertinent sont indispensables à la dictature du marché. Alors le système la fabrique : à la façon dont les rois s’offrent des fous, on prend deux ou trois bons élèves, tolérablement inacceptables, à qui ont passe commande : « Coco, tu nous fais un beau boulot, genre Germinal… » Et l’autre y va de son stylo, habile dans le frôlement des bornes qui ne doivent pas être dépassées même si, parfois, emporté par les états d’âme de ses « origines », une fièvre soudaine (la mauvaise conscience peut-être ?), il met un pied de côté. Quelle importance ? Qui prendra la gueulante des François Bon et consorts pour autre chose que ce qu’elle est : une faute de goût ? Après tout ce n’est que de la littérature anorexique, de la divagation à mille euros la page… Et puis l’éditeur, bienveillant pour son poulain débordé par cette bouffée d’éphémère honnêteté, l’enverra six mois en cure de repos dans une clinique savoyarde – avec une belle commande de polar assaisonnant de moutarde aigre-douce ce genre témoignage sur la « classe dangereuse ».

Mais là encore, ça sonne faux : emprunté au cinoche de série B, le polar français ne trompe que les petits bourgeois et les tenants de l’extrême gauche hémiplégique (les paralysés du bulbe et de la pratique). Pendant plus de cinq ans, j’ai été bibliothécaire dans cette centrale de sécurité : seuls quelques « accidents » – ceux qui avaient tué leur femme ou un collègue de boulot – lisaient des polars français : jamais un affranchi ni un gremlin[6]. Ceux-là me rapportaient le livre après avoir lu une dixième de pages : « T’avais raison, vraiment bidon. »

Une anecdote pour illustrer le décalage : après avoir lu le manuscrit de mon Roman du Gluck[7], un lecteur de Denoël a écrit en toutes lettres sur sa fiche : « L’auteur ne connaît pas le milieu criminel actuel »… Les anecdotes (toutes authentiques) dont sont tissées mon récit ne correspondent pas à cette littérature hors sol, un genre tellement coupé de la réalité vécue qu’il ne peut même pas servir de reflet social aux acteurs en manque de repères.

Comme tu le constates, je me suis un peu éloigné de notre propos… Mais peut-être pas tant. Car la littérature prolétarienne trouve son oxygène dans les situations sociales de résistance aujourd’hui diffusées au plus profond de notre société globalisée. Finalement la LP n’a que foutre de ce qu’on peut dire d’elle, autant les « spécialistes » que les témoins et les acteurs. Son problème se conjugue au présent. Et au transitif direct. Comme je te le dis plus haut, elle ne disparaîtra qu’avec le combat lui-même, soit avec le triomphe définitif du Front du travail, soit avec la disparition des classes et donc du prolétariat. Son existence est étroitement liée aux défaites et aux victoires de son camp. Non seulement comme but prophétique mais à chaque étape de son expression et de sa réalisation littéraire et combattante.

Certains écrivaient comme d’autres érigeaient des barricades et tiraient des coups de revolver. Aujourd’hui, moins d’œuvres importantes voient le jour et nous entendons moins de détonations. Nous avons oublié jusqu’au goût de la sueur et à l’odeur de la lutte. Les plus fragiles croient que tout est perdu. Mais un jour, aussi certainement qu’un et un font deux, la situation s’électrisera à nouveau d’un flux libertaire. Avec cet air nouveau dans les poumons, les prolétaires témoigneront sur du papier comme dans les rues ou à l’entrée des usines derrière des piquets de grève : ils auront retrouvé le désordre salutaire et leur littérature se posera moins de questions en les résolvant au jour le jour dans l’empressement de la reconquête… Alors on verra de bonnes maisons d’édition, bien ventrues et très parisiennes, publier cette littérature en flairant la bonne affaire. On nous dégottera même quelques prix bien pourvus, du moment que nous achèterons de beaux habits pour bien présenter à la télévision… Et puis, parce que nous aurons été, cette fois encore, incapable de triompher radicalement, une vague réactionnaire l’emportera à nouveau. Tout à notre joie de parvenu, nous n’y prendrons garde que trop tard, quand elle aura dicté sa loi et que nous serons retombé dans l’oubli. Nos livres, à nouveau jugés irrecevables, disparaîtront des rayons, la littérature prolétarienne à nouveau reniée, disparue, définitivement vaincue… Voilà à peu près ce qu’augurait le vieux camarade Margarine (Mao) : nous combattrons et nos ennemis nous jetterons à terre. Nous nous redresserons à nouveau pour les affronter et nous serons à nouveau défaits. Mais nous nous relèverons encore et encore. Et ainsi de suite jusqu’à la victoire. C’est le destin de toutes les composantes du mouvement prolétarien révolutionnaire et donc également de sa littérature.

Excuse-moi pour cette conclusion en forme de tract militant, elle m’a échappé… déformation oblige ! Pourtant, comme tu l’auras sans doute remarqué, j’évite de causer (ouvertement) idéologie dans mes bouquins, même si je prends parti – comme par exemple dans La Part des loups – pour le mouvement des guérilleros contre les majorités des états-majors communiste et cénétiste. Maintenant, « entre nous », je peux soulever un de ces problèmes à la lecture de Putain d’usine. Tu prétends que les marxistes (en général, sans aucune précision) seraient des défenseurs du travail salarié. Alors qu’un des pivots de la théorie de Marx précise justement qu’il ne peut y avoir de véritable libération sans abolition totale du travail salarié. Des travaux de jeunesse aux œuvres tardives, c’est bien là une permanence de ses études des rapports de production capitalistes et de leur possible renversement. Chez les staliniens, bien sûr : ils l’ont démontré dans la pratique. Et les trotskistes ont été d’accord. Mais il s’agit là de sociaux-démocrates radicaux issus du révisionnisme apparu avec la contre-révolution étatiste et nationaliste de la fin des années 1920. Tous les marxistes ne sont pas comme eux. Surtout ceux qui utilisent la théorie marxiste comme une arme au présent.

Autre petit problème d’expression politique. Dans ton article du Monde libertaire, tu parles d’une « idéologie (majoritairement marxiste-léniniste) qui sous-tendait ces actions » de la guérilla des années 1970-1980. En tant qu’anar, ce positionnement est très confortable : il évite de se poser pas mal de questions… Dont celle sur l’implication de nombreux camarades libertaires dans ce mouvement guérillero. Jusqu’à la fin des années 1970, les mouvements de guérilla anars sont largement majoritaires ; et ce depuis l’après-1968, avec les premiers attentats en Espagne et en Italie, puis en Angleterre (Hungry Brigade), aux USA (Weathermen), en Allemagne, etc. Pour l’Italie, il faudrait par exemple étudier l’histoire d’AR [Action révolutionnaire], qui fut sans doute, en 1977, l’organisation numériquement la plus importante. J’ai bien connu, à Milan, son dirigeant GianFranco Faina, qui est mort en prison – en 1981, les BR [Brigades rouges] avaient réclamé sa libération en s’appuyant sur l’enlèvement d’Urso, le directeur de la pénitentiaire. Certains anars d’AR se sont unis à une partie des NAP (Noyaux armés prolétariens) – très puissants à Naples et dans les prisons après les émeutes de 1975 – avant de former le gros des détachements de PL [Prima Linea]. En plus de cette présence d’anars dans l’organisation armée en Italie, ceux-ci furent essentiels dans la guérilla diffuse, au sein de dizaines de petits groupes insurrectionnalistes – dont certains sont toujours actifs de nos jours.

Secundo, il faudrait discuter avec les membres des orgas anti-impérialistes – par exemple la RAF [Fraction Armée rouge] – pour comprendre le phénomène. Comme à AD [Action directe], les ML [marxistes-léninistes] étaient minoritaires, vraiment minoritaires. Je peux te parler pour ma part de ceux qu’on a accueillis à Paris, pendant l’automne 1984, quand ils ont choisi la lutte clandestine. Pour nous comme pour eux – pour Wolgang, qui s’est toujours dit sympathisant anarcho-syndicaliste, et pour Meyer, qui se déclarait libertaire –, les points essentiels du choix politique reposaient sur la priorité de la lutte anti-impérialiste (que nous pouvions mener concrètement dans le centre métropolitain), et non sur la très vieille déchirure idéologique de la première Internationale. Je ne remercierai jamais assez les vieux anars espagnols qui m’ont formé à la fin des années 1960. Mon prochain bouquin en parle à nouveau[8]. Mais je suis marxiste. Nostalgiquement, je me réfère au communisme des conseils, à l’assembléisme, au KAPD allemand : de toute éternité je suis atteint de la « maladie infantile »… Pourtant je peux lutter côte à côte avec des anars, des autonomes comme avec des ML ; cela dépend essentiellement de nos objectifs, de notre pratique réelle et de notre relation au MR [mouvement révolutionnaire] et à la classe.

Sur ce, je te laisse. J’ai fait long (déformation professionnelle oblige !).

Un grand salut révolutionnaire. Salut y llibertà, Jm
Centrale de Lannemezan, le 20 mai 2005

Notes

[1] Il s’agit d’un compte rendu de La Part des loups (Agone, 2005), paru dans Le Monde libertaire en mai 2005 sous le titre « Jean-Marc Rouillan écrivain ». [ndlr]

[2] Des chroniques sont finalement parues de janvier 2004 à décembre 2007 dans le mensuel de critique sociale CQFD (Marseille) – dont l’ensemble est sorti en recueil, sous le titre Chroniques carcérales. 2005-2007, aux éditions Agone en 2008. [ndlr]

[3] C’est le sujet de La Part des loups, op. cit. [ndlr]

[4] Phillipe Geneste, Visages de la littérature prolétarienne contemporaine, Acratie, 1992. [ndlr]

[5] Lire par exemple, dans ce blog, « Célébration du vingtième anniversaire de l’abolition de la peine de mort » et « Notre devoir de résistance ». [ndlr]

[6] L’auteur a évoqué les « gremlins » dès ses « Chroniques carcérales » : « Ils écoutent du rap à fond la caisse, parfois le soir tard. Ils parlent aux fenêtres et roulent des épaules sur les coursives… Ce n’est pas bien grave. On les surnomme d’un terme qui leur va si bien : les gremlins. Pour le moment, ils sont abonnés aux petites peines, peuplent les maisons d’arrêt et les centres de détention régionaux. Ils n’ont jamais su créer une délinquance nouvelle, ils sont restés dans leur quartier, en bas de leur immeuble, et ils se débrouillent seulement à la petite semaine… » (« La génération perdue… », Lettre à Jules, Agone, 2004, p. 99-100). [ndlr]

[7] Édité par L’Esprit frappeur en 2003, ce roman fut écrit peu après la parution, chez Denoël en 2001, de Je hais les matins. [ndlr]

[8] Il s’agit de De mémoire (I). Les jours du début : un automne 1970 à Toulouse, paru chez Agone en 2007. [ndlr]