En mars dernier nous faisions paraître Les Derniers Exilés de Pinochet, du journaliste catalan Xavier Montanyà, consacré à la résistance des Chiliens et des militants du Front Patriotique Manuel Rodriguez à la terrible dictature du général Pinochet. Ce livre évoque notamment l'héroïque évasion de militants politique, le 29 janvier 1990, grâce à un tunnel creusé à la cuillère et à la fourchette pendant plus de dix-huit mois.

Aujourd'hui, vingt ans après la chute du dictateur, la transition démocratique est bien loin d'être achevée. Une centaine d'anciens activistes vivent toujours en exil forcé et sous la menace des longues peines de prison prononcées par les tribunaux militaires de l'époque. Le centre-gauche, au pouvoir jusque récemment depuis la chute du dictateur - grâce notamment à la lutte de ces militants révolutionnaires ! -, n'a jamais voulu s'occuper de leur cas.

L'un des quarante-neuf évadés, Jorge Martin, fils d'exilés espagnols arrivés au Chili sur le Winnipeg, vivait depuis l'évasion à Madrid. Il a participé au lancement, en novembre dernier, avec d'autres exilés chiliens et Xavier Montanyà, de la version castillane des Derniers exilés de Pinochet (La Gran evasion, Pepitas de calabazas/Llaüt).

Il y a quelques jours, Jorge Martin, qui avait décidé de rentrer au pays, a été arrêté à l'aéroport de Santiago du Chili et incarcéré. Son unique délit : avoir lutté contre la dictature de Pinochet. Toutefois, une rapide mobilisation populaire a permis sa remise en liberté provisoire et il vit depuis avec sa famille. Mais il attend le règlement juridique de son cas...

Pour plus d'information : sur les exilés politiques chiliens (en espagnol) ; sur l'incarcération de Jorge Martin (en espagnol) ; une interview de Francisco Peña, ex-prisonnier politique du FPMR (en espagnol et français).

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Jorge Marin (à droite) avec ses compagnons de cellule de la prison publique de Santiago du Chili, avant l'évasion de janvier 1990