éditions Agone

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lundi 9 mars 2020

Shakespeare in blog (IX) La place vacante

En ne faisant, lors d’une précédente exposition, que « regarder » le sonnet 77, en retardant le moment de le lire, j’avais le projet de vous en reparler. Il s’agissait d’en parler une première fois en allant d’un endroit à un autre du texte que je choisissais des yeux, comme je le fais toujours pour préparer ces expositions, tout en me gardant de le lire « pour de bon », ce que je pensais faire lors d’une seconde exposition : celle-ci.

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dimanche 8 mars 2020

Soixante-dix ans après Orwell (VII) L’histoire peut-elle être vraie ?

Emprisonné à la tour de Londres, sir Walter Raleigh se lança, pour passer le temps, dans la rédaction d’une histoire du monde. Il avait achevé le premier volume et travaillait au second lorsqu’une bagarre entre manœuvres éclata sous la fenêtre de sa cellule, et l’un des hommes fut tué. Malgré une enquête diligente et bien qu’il eût vu l’événement de ses yeux, sir Walter ne put jamais découvrir les motifs de cette querelle. C’est pourquoi, dit-on (et si cette histoire n’est pas vraie, elle mériterait de l’être), il brûla tout ce qu’il avait écrit et abandonna son projet.

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vendredi 6 mars 2020

Pertes et profits du XXe siècle (III) Prélude à l’« Ère des extrêmes »

L’Ère des extrêmes nous rappelle que l’humanité ne fut pas toujours impuissante et désarmée quand elle voulut changer de destin. Lorsque Hobsbawm publia ce livre, ce genre d’observation n’allait plus de soi. Mais vingt-cinq ans plus tard, les lampions de la célébration définitive de la démocratie libérale sont éteints. Et l’histoire qui resurgit ne se résume pas à un imaginaire désenchanté.

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mercredi 4 mars 2020

Mary I & II

Le nom de Mary Wollstonecraft n’est pas précisément de ceux qui suscitent illico des frémissements de mémoire. Alors que celui de Mary Shelley évoque immédiatement des ciels d’orage, des passions folles et des monstres couturés rôdant au bord d’un lac. Ah, les charmes sentimentaux de la vision romantique versant petite-bourgeoisie… Les deux Mary sont mère et fille, et également saisissantes.

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mardi 3 mars 2020

Délivrer Varian Fry (III) Parce que vous protégez les Juifs et les antinazis

En juin 1941, la politique américaine d’immigration se restreint plus encore et Roosevelt laisse totalement l’initiative à l’appareil bureaucratique du département d’État. Dès lors, la direction de l’Emergency Rescue Committee (ERC), qui n'avait jamais envoyé Varian Fry que pour un « programme traditionnel de “récupération des cerveaux” », considère que celui-ci a « troqué la rhétorique humanitaire neutre pour un militantisme dangereux trop proche du socialisme et poursuivi des activités illégales en temps de crise internationale ». L'action à Marseille du Centre américain de secours (CAS) va se trouver en butte, en plus de la police de Vichy et de la gestapo, avec l'ambassade des États-Unis.

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Délivrer Varian Fry (II) Le directeur d’une revue décrit les émeutes à Berlin (1935)

De mai à juillet 1935, Fry séjourne en Allemagne afin d’étudier le régime nazi, ses rapports avec la population et la situation économique et sociale. À Berlin le 15 juillet, il assiste à un pogrom 1 ; cette expérience, traumatisante, n’est sans doute pas étrangère à son engagement puis à sa venue à Marseille cinq ans plus tard. Une chose était sans doute de condamner intellectuellement le nazisme comme pouvait le faire un jeune intellectuel libéral américain ; une autre d’assister, impuissant, aux déchaînements de bêtise, de haine et de violences qu’il engendrait. Fry fut ainsi l’un des premiers Américains à découvrir la place centrale de l’antisémitisme dans l’idéologie nazie et son caractère meurtrier ; cela va le marquer définitivement.

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Délivrer Varian Fry (I) Une lueur vive dans la nuit (2)

Parmi les éléments les plus remarquables de l’action de Varian Fry à Marseille en 1940-1942 se trouve sans doute le fait que, très vite, il ne s’en tient pas à la liste qui lui a été fournie… Le récit que donne Hans Sahl de sa première rencontre en fait foi.

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Délivrer Varian Fry (I) Une lueur vive dans la nuit (1)

Pendant longtemps, le nom de Varian Fry, comme celui du Centre américain de secours à Marseille, sont restés inconnus, même de tous ceux qui s’intéressaient à l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. En les évoquant aujourd’hui, il ne s’agissait pas de rappeler un aspect folklorique d’histoire locale, mais, bien au contraire, un épisode crucial qui touche à plusieurs aspects de l’histoire de la période. Et d’abord cet événement hautement symbolique que représenta le déplacement du centre de gravité de l’art moderne et des avant-gardes esthétiques de l’Ancien vers le Nouveau Monde.

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lundi 2 mars 2020

Pertes et profits du XXe siècle (II) Contextes et réceptions de « L’Ère des extrêmes » d’Eric Hobsbawm

La première édition française, en 1999, de L’Ère des extrêmes est indissociable de son accueil par les élites éditoriales et médiatiques parisiennes. Indissociable de leur éternel conservatisme chez certains. Indissociable, chez d’autres, de leurs illusions perdues et du reniement de leurs espérances de changement social. Indissociable de leur désaveux de l’attachement d’Eric Hobsbawm à la cause révolutionnaire.

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dimanche 1 mars 2020

Soixante-dix ans après Orwell (VI) Tolstoï, Dickens, Joyce et les nazis

Lisant aussi simultanément que possible La Vie de Tolstoï de Mr Derrick Leon, le livre de Miss Gladys Storey sur Dickens, celui de Harry Levin sur James Joyce et l’autobiographie (encore inédite dans ce pays) du peintre surréaliste Salvador Dali, j’ai été frappé avec plus de force encore que d’habitude de l’avantage que retire un artiste d’être né dans une société relativement saine.

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