éditions Agone

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Tout le reste est littérature

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jeudi 6 juin 2019

La mémoire du futur

Il y a deux siècles, l'humain français et avoisinant subit une secousse proprement bouleversante : ce n'est pas tant ce qu'on nomme, de façon magnifique mais un peu vague, « Révolution » qui le bouleversa qu'à proprement parler le procès intenté au roi. Car c'était alors accepter, pour la première fois, de juger l'individu Louis – celui qu'on allait bientôt baptiser « le citoyen Capet ». Le roi n'était plus ce vase mystique dépositaire de la royauté, il était maintenant un parmi d'autres, un ressortissant ordinaire, précisément parce qu'il avait, en s'enfuyant, déserté cette « élection » divine, parce qu'il n'avait plus alors fait montre que de sa simple humanité.

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mercredi 29 mai 2019

Shakespeare in blog (III) Traduire, mais…

D’une exposition à l’autre de sa traduction des Sonnets de Shakespeare, la conception que s’en fait Pascal Poyet se fait plus précise. (Où il prend ses distances avec la conception que s’en faisait Bernard Hœpffner que j’érige ici en porte-étendard d’une position que je qualifierais de « texte libre d’auteur ».) Insister sur le moment de la lecture et établir le primat du voir sur le comprendre, du texte sur les sous-textes, contextes et prétextes, revient à mettre entre parenthèses l’interprétation, à en brider les libertés. Regarder ce que l’auteur a écrit, quels mots il a agencés de quelle manière – et ne rien chercher d’autre pour le moment. Enfin se dire qu’on a (peut-être) compris ce que l’auteur a voulu dire. La mise en évidence de ces trivialités n’est pas le moins important dans l’exposition par Pascal Poyet de sa traduction des Sonnets de Shakespeare

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mercredi 22 mai 2019

Moby Dick à Dublin

Tout le monde connaît Ray Bradbury pour ses Chroniques martiennes. Il est estampillé science-fiction, le genre humaniste, sympathique et lisible, l’anti-Dick. Comme souvent, la réputation est partielle et frôle le malentendu.

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samedi 11 mai 2019

Shakespeare in blog (II) Comment je parle

En 1999, lorsque Bernard Hœpffner livre sa traduction des Sonnets à Mille et un nuits, il affirme n'avoir rendu qu'une seule des deux versions qu'il avait traduites : « Deux versions complètement différentes ?! — À peu près… — Pour la forme, mais aussi le sens ?! — Naturellement. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle j'ai produit deux versions. D'ailleurs, j'aurais pu en traduire comme ça une infinité d'autres. Seul le temps m'a manqué… — Et tu as donné à ton éditeur la version que tu as trouvé la plus réussie ? — Non. Elles se valent… » Pour qui a eu la chance de connaître Bernard Hœpffner, ce dialogue est tout à réaliste. Ne serait-ce que pour les facéties habituelles de sa « pédagogie littéraire » et l'impossibilité à démêler le vrai du faux. On a commencé à voir quelle conception de la traduction Pascal Poyet expose, qui continue ici.

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dimanche 5 mai 2019

Shakespeare in blog (I) Choisir ses mots

Depuis un demi-siècle, lesdits sonnets de Shakespeare on fait l'objet d'une vingtaine de traductions françaises, chez presque autant d'éditeurs, souvent le fait de poètes, plus ou moins reconnus à l'instar de Pierre Jean Jouve (en 1969) et Yves Bonnefoy (en 1994), de romanciers comme Henri Thomas (en 1995) mais aussi d'un éminent militant de gauche comme André Prudhommeaux (en 1990), et bien sûr de traducteur professionnels, dont le regretté Bernard Hœpffner (en 1999). Certaines versions éditées des Sonnets l'ont été avec des commentaires. À ma connaissance, aucun traducteur n'a livré, en place des gloses, l'exposition de sa « façon de traduire ». C'est ce que fait ici Pascal Poyet en « partant d'un travail de traduction déjà avancé, que cette exposition remet sinon en question, du moins en chantier »…

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samedi 4 mai 2019

Michael Herr, de « Putain de mort » à « Walter Winchell »

À la fin des années 1970, Michael Herr, écrivit un livre magnifique sur la guerre du Vietnam, un livre nerveux, horrible, explosé, qui racontait la mort. La mort-napalm, la mort de la raison, la mort d’une génération cramée par l’épouvante, l’incompréhension, la dope et l’assassinat à haute dose.

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samedi 27 avril 2019

Malheureux comme Orwell en France (I) Traduire de mal en pis

— Les éditions Gallimard ont fait paraître en mai 2018 une nouvelle traduction du chef-d’œuvre de George Orwell, 1984. Pourquoi à ce moment-là ?

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mercredi 24 avril 2019

« Amianto » (IV) Une iconographie ouvrière

Avec les photos tirées de son livre Amianto, Alberto Prunetti nous plonge dans sa propre enfance et dans la vie de son père, Renato, ouvrier soudeur dans des raffineries et des aciéries italiennes.

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samedi 20 avril 2019

Bienvenu dans notre cauchemar (II)

À la fin du XVIe siècle, en Grande-Bretagne, il y eut une explosion de théâtre. Des gens se mirent à raconter pour d’autres des histoires nerveuses et sanglantes qui pariaient de la difficulté de se satisfaire d’un monde déchiré.

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mercredi 10 avril 2019

« Amianto » (III) De l'homme à tout faire à l’ouvrier de masse

Dans ce livre, Alberto Prunetti raconte l’histoire de Renato, né en 1945 à Livourne, et ouvrier dans les raffineries et les aciéries italiennes. En contrepoint du portrait de son père, l’auteur raconte l'histoire de la Toscane ouvrière.

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