éditions Agone

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mardi 3 mars 2020

Délivrer Varian Fry (I) Une lueur vive dans la nuit (1)

Pendant longtemps, le nom de Varian Fry, comme celui du Centre américain de secours à Marseille, sont restés inconnus, même de tous ceux qui s’intéressaient à l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. En les évoquant aujourd’hui, il ne s’agissait pas de rappeler un aspect folklorique d’histoire locale, mais, bien au contraire, un épisode crucial qui touche à plusieurs aspects de l’histoire de la période. Et d’abord cet événement hautement symbolique que représenta le déplacement du centre de gravité de l’art moderne et des avant-gardes esthétiques de l’Ancien vers le Nouveau Monde.

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lundi 2 mars 2020

Pertes et profits du XXe siècle (II) Contextes et réceptions de « L’Ère des extrêmes » d’Eric Hobsbawm

La première édition française, en 1999, de L’Ère des extrêmes est indissociable de son accueil par les élites éditoriales et médiatiques parisiennes. Indissociable de leur éternel conservatisme chez certains. Indissociable, chez d’autres, de leurs illusions perdues et du reniement de leurs espérances de changement social. Indissociable de leur désaveux de l’attachement d’Eric Hobsbawm à la cause révolutionnaire.

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mercredi 26 février 2020

Utinam

Au temps lointain où j’apprenais au lycée les rudiments des langues anciennes, notre professeur de latin-grec, facétieux à sa manière, avait demandé à sa classe, en guise d’exercice de thème, d’exprimer les vœux de bonne année en latin…

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lundi 24 février 2020

Pertes et profits du XXe siècle (I) Avant-propos à l’« Ère des extrêmes »

Vingt ans après la traduction française du dernier volume de l'histoire du monde depuis le XVIIe siècle, The Age of extremes, cette une nouvelle édition, revue et actualisée, qui paraît le 6 mars prochain.

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mercredi 12 février 2020

Le son de la lutte armée

Dans un entretien avec le musicologue Luis Velasco-Pufleau, Jean-Marc Rouillan évoque le lien qu'entretient la musique avec son engagement politique depuis Mai 68, de la place qu'il attribue à la musique dans la mémoire des luttes politiques.

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lundi 10 février 2020

En février 1950, l’Amérique découvrait le « maccarthysme »

Le 9 février 1950, dans une allocution devant le Club républicain féminin de Wheeling (Virginie-Occidentale), le sénateur McCarthy agite sous les yeux des républicaines une liste de membres du ministère des Affaires étrangères appartenant selon après lui au Parti communiste.

La focalisation sur le danger de la subversion communiste aux États-Unis avait commencé dès l'entre-deux-guerres. Mais après 1945, et plus encore après le début de la guerre froide en 1947, les mesures réprimant les sympathies communistes chez les fonctionnaires fédéraux, dans le milieu du cinéma, chez les syndicalistes ou chez les enseignants se multiplient.

Même si aucune des accusations lancées par McCarthy à Wheeling ne furent vérifiés, il occupa jusqu'en 1954 le rôle de principale figure publique de la croisade contre « les rouges ». Au final, plusieurs millions de citoyens états-uniens firent l'objet d'enquêtes judiciaires et policières, et des milliers inscrits sur des listes noires, poussés à démissionner ou révoqués, pour certains emprisonnés.

Ce fut le cas de l'écrivain Howard Fast (1914-2003), interdit de publication et incarcéré en juin 1950. C'est en prison qu'il commença à rédiger son roman Spartacus (plus tard incarné à l'écran par l'acteur Kirk Douglas). Dans les Mémoires d’un rouge, Fast fait le récit intime de cette période, qu'on désigne encore aujourd'hui comme celle du « maccarthysme ».

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dimanche 9 février 2020

Soixante-dix ans après Orwell (III) Éloges de l'expropriation et du rationnement

Annonçant [en 1944] que le ministère du Commerce [britannique] s’apprête à lever l’interdit sur les pantalons à revers, la publicité d’un tailleur [londonien] salue cet événement comme le « premier acompte de la liberté pour laquelle nous nous battons ». Si nous nous étions vraiment battus pour les pantalons à revers, j’aurais sans doute penché pour les forces de l’Axe…

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samedi 8 février 2020

Lutter contre la résignation et la peur

Les Forges de Clabecq est une usine sidérurgique près de Bruxelles. Pour Silvio et ceux qui y travaillent, le quotidien, c’est d’abord le combat contre les attitudes de résignation et de peur. Dans son livre, Silvio relate trente ans de luttes pour améliorer les conditions de travail et pour empêcher la fermeture du site. Avec une confiance jamais démentie dans sa classe, Silvio témoigne d'un certain optimisme – même dans la lutte contre une fermeture – et de la conviction que la force des travailleurs, c'est le nombre et l'unité de la classe. Et il refuse de condamner la violence des travailleurs comme d'exclure cette violence de l'arsenal de la lutte. Silvio le dit sur un ton d'évidence, qui contraste salutairement les propos de nos politiques et de nos journalistes, qui ont pris l'habitude de réclamer des travailleurs qu'ils condamnent leur propre violence.

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lundi 3 février 2020

Un spectacle déchirant

Il y a trois ou quatre révoltes de ça, Alain Accardo se réjouissait avec malice du réveil des enfants de la société de consommation. C'est ainsi, mais jamais assez, à chaque fois qu'on voit « réapparaître la véritable structure des rapports sociaux brouillés par le verbiage fumigène de l’idéologie dominante et médiatique ».

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dimanche 2 février 2020

Soixante-dix ans après Orwell (II) Les managers et le totalitarisme

Quant Orwell conçoit la matrice du roman qui sera 1984, il a déjà fait son miel de la critique par James Burnham de l’émergence d’une nouvelle classe dirigeante opposée à la démocratie libérale comme au socialisme, qu’il avait nommée « managers » et dont il voyait l'incarnation, dans l'entre-deux-guerres, chez les bureaucraties soviétiques et nazis mais aussi, aux États-Unis, chez les dirigeants d’entreprise.

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