éditions Agone

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L'ordre médiatique

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mercredi 1 avril 2020

Pertes et profits du XXe siècle (VII) Une fatwa française contre Hobsbawm

En 2011, revenant (encore) sur ce qu’il appelle « L’“affaire Hobsbawm” », Pierre Nora raconte qu’il « entend encore François Furet [lui] répéter, goguenard devant [s]es hésitations [à éditer The Age of Extremes] : « Mais traduis-le, bon sang ! Ce n’est pas le premier mauvais livre que tu publieras. » Toutefois, non seulement Nora ne suivit pas les conseils de son illustre beau-frère, mais il assuma pour l’édition française la position du censeur. En préface à la réédition de L'Ère des extrêmes, Serge finit le dévoilement commencé voilà vingt ans dans son analyse du « Maccarthysme éditorial ».

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dimanche 23 février 2020

Soixante-dix ans après Orwell (V) Les intellectuels néo-pessimistes

La lecture du livre de Michael Roberts sur T. E. Hulme m’a fait penser une fois de plus à la dangereuse erreur que commet le mouvement socialiste en ignorant ce qu’on pourrait appeler l’« école des écrivains néoréactionnaires ». Ils sont nombreux, intellectuellement remarquables, exercent leur influence avec discrétion, et leurs critiques contre la gauche font bien plus de dégâts que tout ce qui peut émaner du bureau central du parti conservateur ou de la Ligue individualiste [qui défend le capitalisme traditionnel].

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dimanche 12 janvier 2020

Soixante-dix ans après Orwell (I) Dire aux gens ce qu’ils n’ont pas envie d’entendre (2)

Alors qu’Orwell avait publié dans les années 1930 trois livres où il raconte sa propre expérience des asiles de nuit pour chemineaux, des corons de mineurs anglais et des tranchées de la guerre d’Espagne, et pour lesquels il a inventé une forme de description à la fois participante et distante qui a marqué l’histoire de la littérature de reportage, le journalisme des années 1940 qu’il développe avec « À ma guise » relève d’un tout autre genre : la chronique hebdomadaire qui s’écrit chez soi, derrière un bureau.

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dimanche 5 janvier 2020

Soixante-dix ans après Orwell (I) Dire aux gens ce qu’ils n’ont pas envie d’entendre (1)

Il y a soixante-dix ans, à la mort de George Orwell, le roman qui allait le faire entrer dans le Panthéon de la littérature mondiale, 1984, était paru depuis six mois. En avant-première à la nouvelle traduction que nous ferons paraître dans un an, nous mettrons en ligne chaque semaine un texte de (ou sur) Orwell. Pour commencer, un choix de chroniques « À ma guise » (1943-1947), introduites ici par Jean-Jacques Rosat.

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mercredi 30 octobre 2019

Éric Zemmour : quand le venin de la plume déclenche la carabine

Alors que le Sénat vient d'adopter un amendement interdisant le port du voile lors des sorties scolaires dans un contexte général d'islamophobie décomplexée faisant suite à l'agression d'une mère voilée dans le Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. Alors que le gouvernement et les médias dominants jouent la même partition, un ancien candidat du Rassemblement national commet un attentat contre une mosquée. Quelques jours tôt, le CSA saisissait le procureur de la République pour les propos d’Éric Zemmour lors de Convention de la droite, organisée le 28 septembre par Marion Maréchal-Le Pen, retransmis en direct sur LCI. Comme une pièce de puzzle, le terroriste raciste de Bayonne est un admirateur du journaliste pyromane…

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vendredi 20 septembre 2019

« Le grand remplacement ». Réflexions sur la fabrique de la haine

Son dernier livre, Le Venin dans la plume (qui vient de paraître aux éditions de La Découverte), ayant déjà fait l’objet de plusieurs comptes rendus qui, de l'avis de son auteur, en « donnent un aperçu fidèle des grandes lignes et des enjeux » – c’est le cas notamment de l’article écrit par Laurence de Cock et Mathilde Larrère pour Politis , Gérard Noiriel a trouvé plus utile d’expliquer la démarche qu'il a suivie pour aboutir à ses conclusions.

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dimanche 16 juin 2019

Maurice Nadeau et l’édition (d’hier et d’aujourd’hui)

Le 16 juin 2013, centenaire plus deux ans, disparaissait Maurice Nadeau. Son itinéraire, son  combat pour la littérature témoignent des difficultés de toute démarche éditoriale qui refuse le port de l'uniforme. Et en témoignent avec un panache insolent. Collaboratrice de La Quinzaine littéraire, Évelyne Pieiller l'avait rencontré le 27 novembre 1981…

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lundi 6 mai 2019

Quand la presse portait Macron au pinacle – et au pouvoir

Deux ans après l'élection d'Emmanuel Macron à la présidence, une partie des médias dominants déchantent, plus ou moins ouvertement. Mais aucun ne rappelle qu'en 2017 chacun joua son rôle dans la partition du véritable panégyrique déversé sur le corps électoral. Y compris Mediapart, où Macron avait « commencé un peu [sa] campagne » et où il avait donné son dernier entretien, dans les dernières heures qui précédent officiellement la clôture.

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jeudi 11 avril 2019

Comment Maspero continue à irriguer l'édition

Il y a quatre ans disparaissait François Maspero. L'éditeur, auteur et traducteur avait 83 ans. Fondateur des éditions éponymes (d'où est issue La Découverte), il aimait raconter son étonnement à croiser la réédition, ici ou là, tel ou telle titre qu'il avait fait naître, ou telle couverture qu'il avait imaginée. Paru voilà dix ans, dans le dernier livre édité par François Maspero – dit l'éditeur officiel, Pierre-Jean Balzan –, mon témoignage parmi quelques autres s'ouvrait par une citation de La Maison Russie, de John Le Carré, qui continue d'exprimer l'image que j'ai de la plupart de ceux qui tiennent le haut du pavé de ce métier : « Il s’accrochait à moi comme à son confesseur. “Promettez-le moi, dit-il. — Mais qu’est-ce que je suis censé vous promettre ? — Promettez que vous conduirez en gentleman. — Je ne suis pas un gentleman, je suis un éditeur. »

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vendredi 5 avril 2019

Pratiques éditoriales depuis les années 1980 (II) Les fleurs et les fruits de la lutte du Seuil contre le grand capital

Dans les années 1980, les éditions du Seuil ne connaissent pas (encore) la crise. Ces années-là, elles s'associent à Libération pour promouvoir « Vive la crise ». En 1984, c'est Yves Montant qui chante. Mais les auteurs du Seuil lui ont écrit son texte.

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